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01/08/2015

LES FRANCS ET LES BRETONS

LES FRANCS ET LES BRETONS

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Chapitre I , pages 32 à 37
10/07/2015 23:58

 

I – LES FRANCS ET LES BRETONS :
DEUX PEUPLES EN CONFLIT DES QU’ILS SONT EN CONTACT (VIème siècle au IXème siècle).

1 – ORIGINES ET IMMIGRATIONS DES BRETONS EN ARMORIQUE (VIème au IXème siècles).
ANTÉRIORITÉ DU PEUPLE BRETON.

Contrairement à ce que l’on peut croire, en lisant les manuels ou les ouvrages en circulation, l’histoire des Bretons ne commence pas avec les émigrations en Armorique, la Bretagne actuelle.
L’existence du peuple breton est attestée dès l’Antiquité.

Jules César, au premier siècle avant Jésus-Christ, consacre à ces peuples de longs développements dans son ouvrage «La guerre des Gaules». Ils vivent alors dans l’île de Bretagne, dénommée aujourd’hui, « Grande Bretagne », depuis longtemps. Bien qu’ils ne possèdent pas un souverain (ou un roi) unique, à plus forte raison ce que nous appelons un Etat centralisé – ce qui est le sort commun à toute l’Europe celte d’alors -, ils constituent une civilisation : ils parlent la même langue (en tous cas plusieurs langues voisines, appartenant au même groupe linguistique ), ont des croyances religieuses, des mythes, des moeurs, des coutumes et des lois communes… Les civilisations ne prenant corps et consistance qu’au bout de longs siècles, les Bretons existent donc de très longs siècles avant qu’il ne soit question de la France et des Français, largement plus de mille ans. Comme ils ont été peu romanisés (ils vivent aux marges de l’Empire romain), on peut dire, sans crainte de se tromper, qu’ils sont l’un des peuples les plus antiques d’Europe.

EMIGRATIONS EN ARMORIQUE.

Les Bretons émigrent dans la péninsule armoricaine (aujourd’hui dénommée Bretagne), à partir du IIIème siècle, par vagues successives, en partie en raison des invasions de l’Angleterre par les Angles et par les Saxons, en partie d’une manière spontanée, parce que ce vaste territoire est peu peuplé, qu’il jouit d’un climat meilleur, que ses côtes et ses terres sont poissonneuses, giboyeuses et fertiles.
Il existe des présomptions assez fortes pour penser que les Armoricains et les Bretons se mélangent sans trop de violence: les deux peuples entretiennent des rapports commerciaux depuis plusieurs siècles ; ils appartiennent à la même civilisation celte ; la Manche est une mer intérieure à l’Empire romain jusqu’à la fin du Vème siècle ; l’Armorique, enfin, peu peuplée, est en situation d’accueillir des populations nouvelles, sans qu’il soit besoin de combattre.

On admet que les émigrations se poursuivent pendant plusieurs siècles ( peut-être jusqu’au IXème siècle), et que les Bretons d’Outre Manche et d’Armorique, ayant les mêmes origines, parlant la même langue, se considèrent comme proches parents depuis longtemps.

Au VIème siècle, en raison de leur nombre, les Bretons armoricains imposent leur idiome, leur culture, leur religion (ils ont été christianisés lentement à partir du IIIème siècle), dans la partie ouest de la péninsule. Celle-ci change de nom, et devient la Bretagne, selon le témoignage de l’archevêque et métropolitain Grégoire de Tours.

2 – LES CONFLITS BRITO – FRANCS.

LES FRANCS, VENUS DE BELGIQUE, ne migrent dans le nord de la Gaule qu’à la fin du Vème siècle, après 475. Ils franchissent la Somme en 486, la Loire vers 491. Clovis, roi des Francs Saliens – qui a laissé un nom célèbre dans l’histoire -, succède à son père décédé, à l’âge de quinze ans. Ils n’arrivent donc en Gaule que bien après les Bretons. Ils sont d’ailleurs très peu nombreux (on estime que leur nombre total n’excède pas 2% de la population totale de la Gaule). Si les Bretons ne tirent aucune gloire de cette antériorité, ce fait est pourtant important à préciser : pendant plus de mille ans, les Francs, devenus
les Français, prétendent être arrivés en Armorique avant les Bretons, et avoir « concédé » (sic !) un territoire qui leur appartenait, à « ces mendiants venus sur des barques de l’autre côté de la mer ». Ceci à seule fin de tenter de rendre légitime les invasions de la Bretagne, puis l’annexion du pays (1491), puis sa « digestion » totale, et sa néantisation à partir de 1789, afin de le faire disparaître, par dissolution dans le peuple envahisseur.

Les Francs n’adoptent la religion chrétienne, dans le sillage de la conversion de Clovis, roi des Francs saliens, qu’à partir de l’an 500. Ce fait ne confère pas davantage une quelconque supériorité aux Bretons, mais ils le souligneront avec force presque jusqu’à l’ère contemporaine, pour se démarquer de leurs ennemis : adhérer à la religion chrétienne d’un côté, être « païen » de l’autre, fera pendant longtemps une différence, à une époque où le christianisme est la référence suprême.

DÈS QUE LES DEUX PEUPLES ARRIVENT EN CONTACT, dans les zones frontières – de Rennes et de Nantes, approximativement, en tous cas à l’ouest du fleuve « Vilaine » -, les affrontements se multiplient. Les archives et les commentateurs font état de conflits violents dès le VIème siècle. On a gardé la trace des différents du roi franc Dagobert et du roi breton Judicaël, au VIIème siècle, ce dernier étant désigné par les auteurs francs, d’une manière répétitive et non ambiguë, comme le «Roi (rex) des Bretons». A cette époque, la Bretagne est divisée, en réalité, en plusieurs principautés, chacune ayant à sa tête un roi (ou un prince, peu importe la terminologie utilisée) distinct. Si les Bretons d’Armorique n’ont pas encore
de roi unique, l’appartenance à un même peuple, en revanche, est très marquée.
L’heureuse conservation, quasi miraculeuse, d’archives plus nombreuses au IXème siècle, permet de jeter une lumière crue sur ce que sont les relations, extrêmement conflictuelles et violentes des Bretons et des Francs.
Les Francs, notamment, tentent d’envahir la Bretagne à la tête d’armées nombreuses, parfois conduites par leurs rois et empereurs en personne (Pépin le Bref, Charlemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve…), en 753, 786, 799, 811, 818, 824. Les Bretons défendant avec férocité leur territoire, les Francs ne parviennent à remporter que quelques succès brefs et géographiquement limités. Les Bretons sont désignés par leurs adversaires comme orgueilleux, intraitables, obstinés, avec des qualificatifs très péjoratifs, témoignant de la haine que se portent les deux peuples, car ces sentiments sont partagés, et
normaux de la part de nations ennemies.

A PARTIR DE 840, DEVENUS OFFENSIFS ET CONQUÉRANTS, les Bretons remportent victoire sur victoire, causant de lourdes pertes à leurs ennemis, malgré la supériorité numérique écrasante de ceux-ci. En 851, le jeune roi Erispoé, fils du célèbre chef militaire le « Dux » Nominoé, qui est parvenu à réunir les chefs bretons sous son commandement unique pour combattre les Francs, inflige à l’Empereur Charles le Chauve une défaite retentissante à Beslé-Jengland (d’autres auteurs disent à Ballon). A la faveur de cette victoire, les comtés de Rennes et de Nantes, le Pays de Retz deviennent bretons. Ces territoires, il convient de le souligner, ne sont pas francs, mais peuplés de populations « romanes », dominées par les Francs, envahisseurs de la Gaule, comme cela est précisé ci-dessus. La Bretagne que nous connaissons va naître, progressivement, de la « réunion » des zones occupées par les Bretons (grosso-modo, la moitié Ouest de la péninsule armoricaine), et des zones perdues par les Francs, à la faveur de la victoire bretonne de 851. Les frontières bretonnes, malgré quelques modifications temporaires, se maintiennent dans ces limites « naturelles » jusqu’à aujourd’hui. La Bretagne est donc l’une des principautés territoriales les plus anciennes d’Europe.

UN FAUX DÉBAT, ENTRETENU PAR LES FRANÇAIS JUSQU’A AUJOURD’HUI : LES BRETONS ONT EU DES ROIS, tout comme les Français.
Comme toutes les nations de la terre, les Bretons ont eu des chefs et des rois, de tous temps, en Grande Bretagne comme en Armorique. Comme partout ailleurs encore, ils ont porté des titres divers : s’ils n’ont arboré le titre de «rex» qu’aux IXème et au Xème siècles, s’ils ont ensuite porté le titre de «Duc» (Dux, Duc, Duce signifient «chef»), jusqu’aux invasions par les armées françaises de la fin du XVème siècle, ils ont eu leurs rois, sous des appellations diverses, tout comme les Français – et d’ailleurs
presque toutes les nations de la terre.
En savoir plus : http://bretagne-culture-histoire.webnode.fr/…/chapitre-i-...
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