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24/11/2007

« Au service de tous les francophones »

6777e65b5d6d33f927e17e05cebb80bc.jpgChristian Van Eyken (FDF) est le seul francophone élu au parlement flamand. « Je ne veux pas trop exciter mes amis néerlandophones », soutient-il. Pourtant, il a l'habitude d'exaspérer ses collègues. Entretien.

Un intrus. Un gêneur. La situation de Christian Van Eyken, unique député francophone au parlement flamand, paraît aussi incongrue que celle d'un Esquimau égaré en plein Sahara. Parmi ses collègues les plus flamingants, certains voient en lui un infiltré, une sorte de cinquième colonne au service de l'ennemi ( franstalig, bien sûr). Ex-bourgmestre de Linkebeek, membre du FDF, Van Eyken a été élu sur la liste Union des francophones. Une grande partie de son travail parlementaire est axée logiquement sur le suivi des dossiers institutionnels. « La première fois que j'ai été le seul à voter non, et que j'ai vu s'afficher sur l'écran un point rouge, perdu dans une marée verte, ça m'a quand même impressionné. Puis on s'y habitue... » Une surprise, pourtant : au parlement flamand, son bureau se trouve dans l'aile du bâtiment réservée au SP.A-Spirit. Une accointance idéologique ? « Non. Ici, on m'héberge. Nuance ! » 

Le Vif/L'Express : Vous êtes le seul élu francophone au Vlaams Parlement. Comment être efficace, en dépit de votre isolement ? 

Christian Van Eyken : Effectivement, je cours d'un dossier à l'autre, dans des domaines très divers. Je considère que je suis au service de tous les autres mandataires francophones de la périphérie bruxelloise. J'estime être leur relais. Mon rôle est de les informer de ce qui se prépare, de ce qui se dit ici. J'ai des contacts réguliers avec des hommes politiques de tous bords, et pas seulement ceux de mon parti, le FDF. 

Avez-vous l'impression de travailler dans un environnement hostile ? 

Cette réflexion, on me la ressasse sans cesse... Certains me disent : « Nous, en Flandre, nous sommes tellement tolérants que nous t'acceptons ici ! » Mais ce genre de message vient toujours des mêmes élus du Vlaams Belang et de la N-VA. 

Et parmi les autres partis ? Vous recevez des messages d'encouragement de certains députés ? 

Oui. Les députés de Groen ! m'ont appuyé sur le dossier des nuisances sonores d'avions, par exemple. Le développement non contrôlé de Zaventem nuit à la population qui habite à proximité des pistes d'atterrissage. Et cette population n'est pas que francophone. D'une manière générale, je ressens un respect et une écoute de la part de mes collègues. Sur les questions qui n'ont aucun caractère communautaire chaud, nous arrivons à partager une certaine unité de vues. Mais, lors des débats institutionnels, nous sommes diamétralement opposés. Ils disent tous noir, et moi je dis blanc. 

Vous avez été bourgmestre à Linkebeek, une commune à facilités. Vous habitez aujourd'hui à Tervuren, où les francophones sont minoritaires, mais où leur nombre ne cesse d'augmenter. Espérez-vous devenir mayeur de Tervuren ? 

Non, non (rires). Une chose à la fois ! Mais il est vrai que nous avons réalisé une percée lors des élections d'octobre 2006. Nous sommes passés de quatre à six conseillers communaux francophones, et d'un à deux conseillers CPAS. 

Cette percée illustre aussi la francisation de la périphérie. Vous comprenez la peur des Flamands qui voient la langue française s'étendre comme une « tache d'huile » ? 

Franchement, non, je ne la comprends pas. Car cette peur s'inscrit dans une logique territoriale. Or les personnes qui vivent là sont pour moi plus importantes que le territoire. Amsterdam, Londres, Paris... : toutes les grandes métropoles se développent, c'est normal. Idéalement, il faudrait élargir Bruxelles à l'ensemble des communes où vit une minorité francophone significative, c'est-à-dire toutes celles où il y a des élus sur des listes francophones. Si on fait ça, alors, une grande partie de l'hinterland socio-économique de Bruxelles sera intégrée à la Région bruxelloise. Mais je ne veux pas non plus exciter mes amis flamands... 

Entretien : François Brabant 

© 2007 Roularta Media Group

Publicatie: Le Vif Express / Le Vif/L'Express 
Publicatiedatum: 23 november 2007
Auteur: 
Pagina: 24
Aantal woorden: 672

Commentaires

Je dirais "cheval de troie au service de tous les francophones"

Écrit par : Gwen | 03/12/2007

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