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11/12/2007

Yves Leterme égal à lui-même hier sur RTL-TVI

ELECTIONS 2007 sam 8 déc

bee29d739d70c6889e5fa641999b375f.jpg‘Monsieur 800.000 voix’ était l’invité exceptionnel de Katryn Brahy et Fabrice Grosfilley au début du journal de 13 heures sur RTL-TVI et en simultané sur Bel RTL, hier samedi. Le double ex-formateur avait décidé d’accorder cette interview exclusive après de longs mois de silence car « le moment est grave pour le pays ». Il a déclaré vouloir prendre ses responsabilités pour former un gouvernement fort et estime que sa discrétion était nécessaire afin d’éviter de nuire aux négociations par des « petites phrases».

Controverse ce midi sur la situation politique

Cette semaine a été marquée par l'apparition, selon la volonté royale, de Guy Verhofstadt, premier Ministre d'un gouvernement d'affaires courantes et grand perdant des dernières élections. Mission : sortir le pays de cette crise sans fin. Mais comment ? Une Violette d'urgence et provisoire avant une coalition plus large ? Alors que le torchon brûle à nouveau entre MR et CDH, qu'une tripartite classique est contestée de toutes parts, la mission Verhofstadt est elle impossible ? Quelle est la responsabilité des politiques dans ce surplace alors que ce feuilleton politico-communautaire qui s'éternise depuis juin commence à lasser et à révolter les citoyens ?

Invités : Philippe Moureaux, vice-Président du PS ; Jean-Marc Nollet, député fédéral. Chef de groupe ECOLO - GROEN ! ; Charles Michel, porte-Parole du MR ; Benoît Lutgen, ministre cdH de l'Agriculture, de la Ruralité, de l'Environnement et du Tourisme ; Brigitte Grouwels, secrétaire d'Etat bruxelloise (CD&V) ; Pierre Vercauteren, politologue aux FUCAM ; Luc Van der Keelen, journaliste Het Laatste Nieuws, et Jean-Marie De Decker, LDD.

Décryptage de l’interview

Une image à restaurer

Yves Leterme a reconnu avoir fait des erreurs dans le passé au niveau communicationnel qui ont détérioré son image auprès des francophones. Mais il se dit prêt à en tirer les leçons.

Serein par rapport à l’avenir de la Belgique, le formateur démissionnaire a voulu rassurer quant à la présence confirmée de la NV-A au sein du cartel. « Nous ne voulons pas la fin du pays, mais une politique pour l’ensemble des citoyens. »

La démocratie m’a choisi

Par rapport à sa candidature en tant que Premier ministre, Yves Leterme a rappelé que la démocratie l’a choisi. « Les résultats électoraux du 10 juin sont là. »

Porte ouverte aux socialistes

Pour Yves Leterme, l’orange bleue est bel et bien enterrée. Après avoir tenté de la faire mûrir, il constate que c’est un échec. Une autre alternative gouvernementale doit dès lors être mise sur pied. L’objectif étant de trouver un gouvernement bénéficiant d’une majorité des 2/3 au Parlement afin de pouvoir faire passer les réformes nécessaires.

En cela, Yves Leterme a clairement ouvert la porte aux socialistes avec lesquels il a déjà pris contact à plusieurs reprises.

L’homme aux 800.000 voix a conclu cette entrevue en promettant de s’engager à être le Premier ministre de tous les Belges. « Si on me donne la chance, oui, je serai le Premier de tous les Belges. » 
 

Yves Leterme s'était déjà exprimé hier dans la presse 

Pas de gouvernement sans Yves Leterme

Yves Leterme s’était déjà exprimé dans la presse écrite hier matin, dans les colonnes de Vers l’Avenir en autres. On peut y lire que pour lui, l’orange bleue a clairement montré ses limites. Il admet avoir "fait le maximum pour faire mûrir" l'Orange bleue, mais la formule a montré ses limites. La responsabilité de cet échec n'incombe toutefois pas uniquement au parti de Joëlle Milquet, le cdH. "Tout le monde a sa responsabilité", indique-t-il, pointant toutefois les oppositions, qui ont été les plus fortes selon lui, entre le cdH-FDF et la NV-A sur le plan communautaire.

Mais attention, il faudra toujours compter avec lui si on veut donner un gouvernement à ce pays. Leterme se dit en effet "prêt demain à recommencer à trouver des accords pour ce pays". "La répartition des sièges au parlement n'a pas évolué. Il faudra toujours parler avec moi si on veut donner un gouvernement à ce pays", affirme-t-il.

Verhofstadt a la main, qu’il faudrait tendre au PS !

L'ex-formateur renvoie toutefois la balle chez le Premier ministre Guy Verhofstadt "qui a la main pour l'instant". "A lui de trouver la solution pour sortir de l'impasse", indique Yves Leterme qui reconnaît que le cdH a sa place dans un gouvernement avec "une assise large".

Il considère également que "la famille socialiste a une responsabilité à prendre dans les jours qui viennent". Il constate d'ailleurs que le PS a évolué en six mois en affirmant aujourd'hui que la réforme de l'Etat est nécessaire pour assurer l'avenir de la Belgique. Il ne jette pas l'éponge et veut toujours conduire un gouvernement, en élargissant l'Orange bleue au PS notamment.

Il dit également qu’après avoir fait ses calculs, 17 formules de majorité sont possibles, et ce sans inclure l’extrême droite.

La N-VA pas opposée à des refédéralisations … mais exceptionnelles

Il rappelle aussi que son partenaire de la NV-A n'est pas opposée à une refédéralisation de certaines compétences "pourvu qu'elle soit exceptionnelle et que le mouvement général aille du fédéral vers les entités fédérées". Mais "il y a assez de compétences fédérales pour empêcher que les prisons soient des lieux sûrs d'où on sort par la fenêtre ou d'où on s'envole en hélicoptère", ironise-t-il.

Yves Leterme reste-t-il candidat Premier ministre? Il affirme que son programme est plus important qu'occuper le 16 rue de la Loi. "Mais le cartel m'a réaffirmé sa confiance", conclut-il.

Un gouvernement violet d’urgence "serait un gouvernement contre la Flandre"

L'ex-formateur Yves Leterme s'est également entretenu samedi avec plusieurs quotidiens flamands. Il y répète "vouloir surtout tenir sa parole" sous-entendant notamment une réforme de l'Etat.

Il y renie aussi la coalition qu'il a voulu bâtir et plaide pour d'autres formules, dont la tripartite. Il avance une formule avec "une majorité aussi large que possible" et s'oppose farouchement à un gouvernement d'urgence sans le cartel CD&V/NV-A. Il exclut donc l'éventualité d'une Violette (actuelle coalition libérale-socialiste) élargie ou de toute autre formule sans son cartel. "Une équipe d'urgence violette serait un gouvernement contre la Flandre", estime-t-il. M. Leterme voit la solution dans une tripartite classique (libéraux, socialistes, chrétiens humanistes) ou dans une "autre formule élargie", n'excluant pas les Ecolos.

Double langage à propos de Milquet, tenue pour seule responsable dans la presse flamande !

Alors que dans les journaux du groupe Vers l'Avenir, Yves Leterme ne voulait pas imputer toute la responsabilité de l'échec de l'Orange bleue au cdH et à sa présidente Joëlle Milquet, il la tient pour responsable de cet échec dans De Standaard, écrit le quotidien Le Soir qui relaie l'interview de ses collègues flamands. "Nous étions près d'un accord, mais le cdH n'a finalement pas voulu y aller", regrette-t-il.

Pas opposé à être le vice-premier d’un gouvernement Reynders

L'homme fort du CD&V a toujours l'ambition de devenir Premier ministre, sans toutefois exclure le poste de vice-Premier ministre d'une coalition emmenée par le président du MR Didier Reynders. Mais "il devra venir de loin", ajoute-t-il, car le cartel CD&V/NV-A "est de loin la plus grande formation et le MR a perdu deux sièges".

Les 174 jours ‘perdus’ ont servi à quelque chose d’utile, faire accepter une réforme de l’Etat côté francophone, même par le PS

Selon lui, les 174 jours de négociations en vue de former un nouveau gouvernement n'ont pas été inutiles. "Nous avons pu transformer un 'non' absolu du côté francophone en une conscience qu'aucune gestion du pays ne serait possible sans une réforme de l'Etat, et ce chez tout le monde, y compris le PS et Ecolo", explique-t-il.

Il plaide pour une responsabilisation dans la gestion de la Wallonie

Une responsabilisation des Régions s'impose également, ajoute Yves Leterme : "Ce n'est quand même pas génétiquement inscrit que la Wallonie doive rester une telle région retardataire en Europe? Il y a des régions qui travaillent de façon fantastique, comme le Brabant wallon. Mais seule une plus grande responsabilisation fournira le combustible nécessaire pour une reprise de la Wallonie", indique encore M. Leterme.

 


Commentaires

Belle analyse...

Monsieur Leterme (et d'autres en concert avec lui...) semble avoir oublié que nous sommes en scrutin proportionnel et non majoritaire...
800.000 voix sur 10.000.000, cela fait 8% des voix... Certes, tout le monde ne vote pas.
Soyons didactiques et "magnanimes"...:
cd&v+NVA=30%(6.000.000 flamands)=1.800.000 voix... sur 10.000.000 de belges = 18%...
Ce n'est pas encore la majorité selon la définition flamande (la moitié+1)...
Monsieur Leterme devrait savoir raison garder : ce n'est pas la démocratie qui l'a choisi, c'est tout au plus son parti qui représente -avec la NVA- 18% des belges... Il en reste encore 82% qui ne l'ont pas choisi....

Écrit par : PourquoiPas | 11/12/2007

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