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21/12/2007

Et la Belgique eut un gouvernement

17239c4daee8ccf6d6ab0910161523fc.jpgLe Premier ministre sortant Guy Verhofstadt a réussi la nuit dernière à trouver un accord pour former un gouvernement intérimaire en Belgique, où subsiste depuis plus de six mois une vacance du pouvoir. Il conservera lui-même la tête de cette coalition de cinq partis, francophones comme flamands, et prend une petite revanche après sa lourde défaite aux élections générales.

Et la Belgique eut un gouvernement. Plus de six mois après les élections législatives, le Premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, a arraché un accord pour former une équipe intérimaire chargée de gérer les affaires urgentes. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a obtenu la participation au gouvernement du parti démocrate-chrétien francophone, débloquant ainsi les négociations engagées il y a tout juste quinze jours sur demande du roi Abert II. La nouvelle équipe regroupera cinq partis: démocrates-chrétiens flamands et francophones, libéraux flamands et francophones et socialistes francophones. Elle devrait entrer en fonction dans les prochains jours.

Disposant d'une majorité des deux-tiers au Parlement, le gouvernement provisoire devrait pouvoir agir rapidement sur les problèmes conjoncturels de la Belgique, notamment la question du pouvoir d'achat qui a conduit plus de 20 000 personnes dans la rue, samedi. Il devrait rester au pouvoir jusqu'au 23 mars, date à laquelle Verhofstadt entend passer la main au vainqueur des élections, le chef des démocrates-chrétiens flamands Yves Leterme. D'ici là, celui-ci devra tenter de trouver un accord sur la formation d'un gouvernement définitif. Grand vainqueur des élections du 10 juin, au détriment notamment de Verhofstadt, chef de gouvernement sortant, Leterme n'a pas été en mesure de bâtir une coalition viable. La faute, notamment, au déchirement entre Flamands et Wallons sur la réforme des institutions belges accordant une plus large autonomie aux régions, que souhaitent les premiers.

Pendant plusieurs mois, Yves Leterme a tenté sans succès de constituer un gouvernement avec les démocrates-chrétiens flamands et francophones. Son échec a donc permis le retour en grâce de Verhofstadt, perçu comme le sauveur d'un pays en crise et qui s'offre une petite revanche. Il a confirmé en une quinzaine de jours sa capacité à apaiser les tensions entre partis et communautés, qui a fait sa force pendant huit années au pouvoir. Le passage de témoin de mars ne sera pas sans risques, Leterme étant un fervent partisan de l'autonomie renforcée des régions. Après plus de six mois de crise comme la Belgique n'en avait jamais connue, la réforme de la Constitution semble inéluctable à terme. Mais avant cela, il faudra trouver un "vrai" gouvernement.

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