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31/07/2008

« La Belgique a besoin d’une médiation internationale »

mercredi 30 juillet 2008, 18:03

Le sénateur MR Alain Destexhe est convaincu que la Belgique a besoin d’une médiation internationale pour sortir de la crise actuelle. Pour lui, cette solution offre la meilleure chance d’aboutir à un nouvel accord communautaire.
 

Belga (archives)

Le sénateur MR rencontre ce mercredi après-midi le premier ministre Yves Leterme pour lui remettre son livre « Le mouvement flamand expliqué aux francophones ». A cette occasion, il lui fera part de son idée de recourir à un médiateur international pour sortir de la crise actuelle.

« La crise dure depuis plus d’un an et on ne voit pas comment on va en sortir. Nous sommes dans une situation où on demande au premier ministre d’être le concialiateur permettant d’aboutir à un grand compromis communautaire alors qu’il est aussi le leader du parti qui a le plus de revendications en matière institutionnelle. M. Leterme est donc dans une position d’échec permanent. Soit il réussit à faire un compromis et il se met son parti à dos, soit il garde sa position dans son parti et il échoue dans la recherche d’un compromis », a expliqué le sénateur à l’agence Belga.

Dans la situation actuelle, de toute façon, tout homme politique belge aurait de grandes difficultés à faire aboutir une négociation, dit encore Alain Destexhe. Il est dès lors d’avis que faire appel à un médiateur international donnerait plus de chances à la négociation qu’un premier ministre « a qui on demande de se suicider ».

Un « facilitateur international » serait de l’intérêt de tous les Belges, ajoute le sénateur pour qui le recours à une personnalité extérieure n’a rien de déshonorant. Il cite le cas des Pays-Bas qui ont demandé à un économiste néerlandais, directeur à la Banque mondiale, Herman Wijffels, tout à fait extérieur au monde politique, de négocier
la formation du gouvernement après les dernières élections. Il cite aussi le cas de l’Irlande du nord où le sénateur américain George Mitchell a mené la négociation qui a abouti aux accords du Vendredi saint qui ont été le début de la solution durable du conflit qui ensanglantait ce pays depuis des décennies. C’est aussi un médiateur américain qui est intervenu dans le conflit entre l’Espagne et le Maroc à propos de l’Ile du Persil.

  Et M. Destexhe d’insister sur le fait qu’il existe des techniques de médiation. « Cela s’enseigne dans les écoles », dit-il. Le recours à ces techniques vaut mieux que de laisser l’émotionnel prendre en permanence le dessus. « Depuis plus d’un an nos hommes politiques cherchent la méthode pour négocier. La succession de médiateurs, explorateurs, négociateurs… qu’on a connue n’a abouti à rien. On en est arrivé à une situation ridicule », dit encore le sénateur.

  Il propose même un nom comme médiateur international, celui du Haut commissaire aux minorités nationales de l’OSCE, le norvégien Knut Vollebaek. « Je sais que le terme de minorité insupporte les Flamands. Mais cet homme est un diplomate professionnel qui a l’habitude de ce qu’on appelle chez nous des problèmes communautaires. En toute
discrétion, il a par exemple obtenu de beaux succès dans les pays baltes qui connaissaient des problèmes avec la communauté russe installée en Lituanie, Lettonie et Estonie », dit encore M. Destexhe.

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