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23/08/2008

L'évêque Léonard : les francophones doivent abandonner leur complexe de supériorité

Source : http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-20162/l-eveq...

18/07/2008 10:50

1ee7129de2a3c983561abf92724e5ea8.jpgMonseigneur Léonard, évêque de Namur, appelle les francophones à laisser de côté leurs préjugés linguistiques et à s'intéresser un peu plus à la culture flamande.

« Si les francophones, qui sont spontanément plus attachés à l'unité de la Belgique que les Flamands, veulent (...) que la Belgique se perpétue, il ne suffit pas qu'ils arborent des drapeaux belges dans les rues. Il faut qu'ils renoncent à tout complexe de supériorité linguistique », écrit l'évêque namurois André-Mutien Léonard, dans sa rubrique du journal néerlandais Katholiek Nieuwsblad.

« Chacun selon son propre rôle social doit apprendre à connaître et à aimer la langue et la culture de ses voisins du nord. C'est le prix à payer, sur le plan de la responsabilité personnelle, s'ils veulent que la Belgique ait un avenir », ajoute-t-il.

Monseigneur Léonard, qui parle en tant que « Wallon, mais appréciant beaucoup la langue néerlandaise et la culture flamande », invite les francophones à délaisser leur complexe de supériorité et à s'intéresser un peu plus au néerlandais, à son histoire et à sa culture.

Quelques pas prudents en politique

« Souvent, les Belges francophones perçoivent les revendications flamandes comme une agression. Sans me prononcer sur le plan politique, je les invite cependant à ne jamais oublier que, durant des siècles, la Flandre a dû lutter pour faire respecter sa langue et sa culture. »

L'évêque namurois estime par ailleurs que la Belgique ne va pas "éclater". « S'il faut déjà plusieurs mois pour négocier la formation d'un gouvernement, combien d'années cela va-t-il demander pour résoudre les problèmes qui se poseraient en cas du division du pays ?(...) Nous resterons ensemble", conclut-il.

Successeur du cardinal Danneels ?

L'évêque de Namur est en bonne position pour succéder au cardinal Danneels, qui prendra sa retraite d'ici deux ans. Conservateur, très critiqué en Belgique, Mgr Léonard se veut proche de Benoît XVI. Des propos bien calculés donc, pour celui qui se verrait bien prendre la tête de l'Eglise de Belgique.

LeVif.be

06/08/2008

La Belgique paie cher sa crise politique

Source: LE MONDE | 05.08.08 | http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/08/05/la-belgique-paie-cher-sa-crise-politique_1080378_3234.html#xtor=EPR-32280123&ens_id=628857

Les économistes belges ont longtemps fait preuve d'indulgence à l'égard du monde politique, plongé depuis quatorze mois dans une crise institutionnelle. La continuité du pouvoir leur semblait assurée. La crise financière mondiale, l'augmentation des prix de l'énergie et l'effondrement des indices bousiers ont fini par les inquiéter.

Aujourd'hui, d'autres paramètres les incitent à tirer la sonnette d'alarme : avec un taux d'inflation qui devrait dépasser 6 % en septembre, une chute brutale de la confiance des entrepreneurs et un ralentissement de la croissance (2 % en 2008 et 1,5 % au mieux en 2009), la Belgique devrait réagir. Problème : le gouvernement en semble incapable, entraîné par la spirale des revendications flamandes.

Combien a coûté la crise ouverte en juin 2007 ? Jusqu'ici, seul le gouverneur de la Banque nationale avait avancé un chiffre : 2,5 milliards d'euros à cause des retards dans les opérations d'assainissement budgétaire et dans l'abondement d'un fonds censé limiter les conséquences du vieillissement.

Il y a quelques semaines, le gouvernement s'est livré à un contrôle budgétaire qui n'a pas convaincu et qu'il a, en outre, couplé à l'annonce de dépenses sociales. L'ensemble est resté sans effet et n'a même pas été soumis aux députés.

La perte de crédibilité de la classe politique a d'autres effets, sur les investissements étrangers notamment. Julien Manceaux, économiste à la banque néerlando-belge ING, estime dans une étude qu'en raison de la crise qu'elle traverse, la Belgique paie plus cher le refinancement de son importante dette publique qui a atteint quelque 85 % du produit intérieur, soit 200 milliards d'euros.

Les notations internationales qui déterminent les taux lui sont devenues défavorables. Le pays est moins bien noté que la France et les Pays-Bas et est désormais soumis à des taux comparables à ceux qui sont imposés au Portugal.

Dans son étude, M. Manceaux souligne les conséquences à long terme de l'inertie politique : "Si les coûts à court terme sont difficiles à évaluer, les risques de transmettre aux générations futures une situation budgétaire insoutenable sont très élevés et pourraient constituer les principaux dommages de cette crise."

L'assainissement budgétaire devrait dégager 3,5 milliards d'euros en 2009, 5,5 milliards en 2010 et 7 milliards en 2011, alors que la croissance faiblit. Le nécessaire surplus budgétaire de 1,3 %, prévu pour 2012, risque de ne pas être dégagé.

Les seuls points positifs sont le maintien d'une consommation forte et le fait que le royaume continue à créer des emplois (plus de 80 000 en un an).

Cela n'apaise ni les syndicats, confrontés à de fortes revendications de leur base concernant le pouvoir d'achat, ni les patrons, qui se préparent à demander une limitation de leurs charges en remettant en cause le système d'indexation automatique des salaires. Car la forte inflation a entraîné deux augmentations salariales en 2008. De difficiles négociations interprofessionnelles s'annoncent en septembre.

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 06.08.08.