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06/11/2008

Celtes et Scandinaves. Rencontres artistiques (VIIe-XIIe siècles)

Paris, Musée national du Moyen Age, du 1er octobre 2008 au 12 janvier 2009

C’est dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne que le Musée national du Moyen Age propose une exposition consacrée à une séquence trop souvent négligée de l’Histoire européenne, la christianisation entre les VIIe et XIIe siècles du Nord-Ouest du continent telle que la révèlent sculptures, pièces d’orfèvrerie et enluminures provenant des collections irlandaises, galloises, écossaises, anglaises, danoises, suédoises et norvégiennes.

Près de quatre-vingt pièces ont été rassemblées pour rendre compte des mutations qui s’effectuèrent alors du fait des mouvements de population et de l’adhésion à la foi chrétienne de régions demeurées jusque-là attachées aux anciennes religions païennes. L’expansion du christianisme au-delà des limites du défunt Empire romain a contraint l’Eglise catholique à prendre en compte, à partir du Ve siècle, le nouvel espace culturel au sein duquel ses missionnaires vont être appelés à agir. Alors que l’Eglise a réussi à s’assurer le soutien de plusieurs monarchies barbares dont le meilleur exemple demeure le royaume franc de Clovis, elle doit compter, dans les îles britanniques, en Germanie ou, plus tard, en Scandinavie avec des pouvoirs politiques qui ne lui sont pas automatiquement acquis.

L’utilisation de l’art comme vecteur d’intégration culturelle et religieuse va dès lors constituer un moyen privilégié pour gagner les esprits et les âmes à la foi nouvelle en réalisant temporairement, si nécessaire, les syncrétismes indispensables. C’est un éclairage porté sur ce processus bien particulier d’acculturation que nous offre l’exposition du musée de Cluny, loin d’une présentation à vocation exhaustive de l’art et de l’archéologie des mondes britannique et scandinave durant les siècles obscurs du Haut Moyen Age.

Christianisée très tôt, l’Irlande, qui n’a pourtant jamais fait partie de l’espace dominé par Rome, va apparaître comme un véritable laboratoire de formes nouvelles combinant l’exploitation de thèmes chrétiens avec des sources esthétiques purement autochtones. Evangélisée par saint Patrick, « l’île des saints et des savants » va produire les superbes évangéliaires de Kells ou de Lindisfarne et exporter vers le continent dans les pas de saint Colomban la religion nouvelle, jusqu’à Luxeuil, Saint-Gall ou Bobbio.

Longtemps méconnues, les œuvres écossaises ou galloises correspondant à cette période constituent l’une des grandes révélations de l’exposition, parmi lesquelles les broches de Rogart et la croix de Monifieth, prêtées par le National Museum of Scotland. L’ancienne Bretagne romaine conquise par les envahisseurs germaniques angles et saxons joue également son rôle dans ce « concert » britannique et européen, ce dont témoigne la superbe croix-reliquaire du Victoria and Albert Museum de Londres.

La pénétration du christianisme s’affirme au Danemark, en Norvège et en Suède au tournant de l’an mil, période qui voit la religion nouvelle coexister avec l’ancienne, ce que nous révèlent le crucifix de Birka et le marteau de Thor d’Erikstrop. Des scènes inspirées de la tradition païenne voisinent longtemps avec d’autres tirées de l’iconographie chrétienne, ce que nous montrent les figures représentées sur le portail de Vegusdal de l’université d’Oslo ou sur les fonts baptismaux d’Ardre conservés au musée de Stockholm.

09:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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