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08/02/2009

La Corse tentée par plus d'autonomie

La mouvance nationaliste dans l'île a évolué. Des autonomistes modérés ont émergé sur la scène politique aux dépens des indépendantistes radicaux, dans un contexte de baisse de la violence.


Les autonomistes, partisans du dialogue avec l'Etat français et opposés à la violence politique, ont obtenu de bons résultats l'an dernier aux élections municipales et cantonales. Ils ont emporté plusieurs dizaines de mairies, sous l'impulsion de jeunes dirigeants comme Jean-Christophe Angelini ou Gilles Siméoni.


Ce dernier, fils du Dr Edmond Siméoni, figure emblématique du nationalisme corse depuis plus de 40 ans, est aussi l'avocat d'Yvan Colonna. Jean-Christophe Angelini, secrétaire général du Parti de la nation corse (PNC) et élu municipal et territorial, veut voir dans leurs succès électoraux, le signe que leur projet politique semble réalisable.


La Catalogne ou l'Ecosse en tête, les autonomistes chantent les louanges du régionalisme ou du fédéralisme, « un chemin emprunté par une soixantaine de millions d'Européens », souligne M. Angelini. « 51% des Corses y sont favorables ».


Les indépendantistes radicaux ont enregistré, eux, des revers aux municipales. Leur chef de file, l'avocat Jean-Guy Talamoni a été éliminé dès le premier tour à Bastia. Le pôle indépendantiste, éclaté en quatre mouvements, vient de se rassembler au sein de Corsica Libera, en réaffirmant son soutien à toutes les formes de lutte, y compris armée. Mais sur ce terrain-là, les deux mouvements clandestins, FLNC-UC et FLNC-22 octobre, apparus respectivement en 2000 et 2002, ont perdu de leur force de frappe. Le FLNC-22 octobre n'a plus revendiqué d'actions depuis avril 2007. En 2008, la Corse a enregistré 89 attentats ou tentatives contre 180 en 2007.


«Sans se laisser enfermer dans le débat récurrent de la condamnation de la violence politique», le pôle indépendantiste veut « donner par étapes à la Corse un statut de nation indépendante dans le cadre européen, à l'égal de ce qu'ont obtenu Malte ou Chypre ». « Au regard de ce qui se passe partout ailleurs en Europe, le mot autonomie est dépassé, ringard », affirme Jean-Guy Talamoni. Les faits semblent le contredire.


Le pôle autonomiste incarné par le PNC et A Chjama naziunale a investi la société civile. Il occupe des postes-clefs dans les chambres consulaires ou à l'université de Corte, dirigée par un autonomiste très respecté, Antoine Aiello. Dans la perspective des élections territoriales prévues en 2010, le PNC et A Chjama promettent de s'unir.


Source : Les Dernières Nouvelles d'Alsace


12:23 Publié dans Corse | Lien permanent | Commentaires (0)

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