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25/03/2009

Médailles et monnaies

 

 

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Cette magnifique médaille, "la première de grande dimension et de haut relief, inspirée de l'art italien" (Mazerolle), illustre un moment de l'histoire de France et de la Bretagne: le mariage de Louis XII avec Anne de Bretagne, dont la cérémonie avait eu lieu à Nantes  le 8 janvier 1499 dans la chapelle du château.

11:23 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0)

23/03/2009

Fresque. Pabu tient son Michel-Ange

Sa chapelle Sixtine à lui, c'est l'église Saint-Tugdual, de Pabu. Bernard LeQuellec, le Michel-Ange guingampais, met la dernière main à sa fresque monumentale, l'Apocalypse de Jean. D'ici juin, elle habillera toute la voûte de l'édifice en chantier. Une oeuvre à la tempera pour un artiste de tempérament.

 

Son pinceau lui donne des ailes. Casquette vissée sur le crâne, Bernard Le Quellec, 72 ans, joue les funambules. Tout là-haut, sur son échafaudage, l'ancien postier est aux anges. Après dix mois de chantier, l'autodidacte met la dernière main à l'oeuvre de sa vie: l'Apocalypse de Jean, fresque mâtinée de scènes de la Résurrection et du Jugement dernier. Une interprétation «très personnelle» prévient d'emblée l'artiste qui a, malgré tout, soumis son regard profane à l'orthodoxie des moines et abbés des arts sacrés de Saint-Brieuc. 

Après 40 semaines de solitude en l'église Saint-Tugdual de Pabu, perché à six mètres du sol, Bernard Le Quellec touche enfin au purgatoire et au paradis, les deux derniers tableaux qui habillent les transepts. Déjà 3.000heures de travail ont été consacrées aux quelque 250m² de voûte. Trois fois moins de surface qu'à la chapelle Sixtine, au Vatican. Mais tout de même...

Aujourd'hui dans la dernière ligne droite, l'artiste reconnaît éprouver une certaine lassitude: «J'avais l'expérience de la chapelle du Restmeur, à Guingamp. Sauf que la superficie était bien moindre. Je savais que ce chantier serait périlleux et j'avoue qu'au départ, l'enthousiasme était grand car j'avançais très vite. Mais c'était l'été. Aujourd'hui, c'est plus dur...» Avec l'arrivée des mauvais jours, la luminosité a décliné sous la voûte de la chapelle. Le froid a gagné la main dextre du retraité et a rendu le plâtre «allergiqueà ma peinture. J'avais des problèmes de restitution de couleurs» Qu'à cela ne tienne! Les teintes délicates de la tempera redonnent bientôt la foi à l'émule de Michel-Ange qui a trouvé dans cette technique, éprouvée depuis le Moyen Âge, matière à s'affranchir du temps et de ses avanies.

Oeuvre mûrie pendant sept ans

Ici, point de chimie ou de solvant. Rien que du naturel. Des oeufs, du vinaigre et des pigments choisis avec soin. De quoi séduire les élus de Pabu, qui, moyennant 15.000 €, ont donné carte blanche à Bernard Le Quellec. Une oeuvre en fait mûrie «pendant sept ans». Croquis, maquettes en tout genre... Avant de s'attaquer à la chapelle proprement dite, Bernard Le Quellec a tapissé son logis d'esquisses préfigurant l'oeuvre définitive. 

Depuis le premier coup de pinceau, le 16mai 2008, le septuagénaire s'est astreint à une discipline de fer. À pied d'oeuvre dès 6h, il sonne à sa manière l'Angelus pour ne terminer son labeur qu'à 19h. Un rythme qu'il tient, non-stop, durant 30 à 40 jours d'affilée, avant de s'octroyer, dans la foulée, une plage de repos équivalente, «histoire de ne pas saturer». La fin du chantier approchant, l'artiste va s'atteler à peaufiner les détails. 

Sur les voûtes, 810 lettres d'un texte sacré vont parachever l'allégorie. Sa dernière grande oeuvre, jure-t-il, prêt à lâcher les cieux pour le confort de son atelier où plusieurs milliers de toiles ont vu le jour. Sa palette remisée, l'ancien postier reviendra toutefois dans «son église». L'inauguration officielle aura lieu dimanche 14juin. Ce jour-là, on fêtera le prophète Élisée. Mais aussi Bernard le laïc qui, en son pays, ralliera sans doute plus d'une chapelle.

  • Alain Auffret

Source : http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne...

10:52 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0)

15/03/2009

"La Belgique est morte, vive la Belgique !", de José-Alain Fralon : fin de partie outre-Quiévrain

Même lui ? Oui, même lui... José-Alain Fralon pense désormais que le plat pays de Brel n'a plus d'avenir en tant que nation. Il y a une vingtaine d'années, ce "petit Français", comme il s'était baptisé, adressait à Baudouin Ier, le roi des Belges - et à quelques autres personnalités - une "lettre ouverte" joliment troussée. Il y énumérait tout ce qui faisait le charme de cette terre sans nier que les ferments de la division étaient à l'oeuvre.

Entre les lignes, on lisait un amour profond de l'auteur pour sa deuxième patrie et la conviction, bien belge, que tout pouvait finir par "s'arranger". Un verbe très répandu, outre-Quiévrain, où l'on cultive son double sens : trouver une solution - fût-elle boiteuse -, mais aussi tricher avec la réalité pour en inventer une autre et, ainsi, mieux nier les faits, pour faire croire à la persistance du "miracle belge".

Longtemps baigné par la douceur de vivre bruxelloise, mélange d'insouciance et d'un humour qui le ravissait, l'auteur a "voulu y croire". Aujourd'hui, c'est toutefois par une missive à Albert II, frère de Baudouin et monarque inquiet, qu'il conclut son constat. Et il lui écrit : "Votre Majesté, vous régnez sur un seul peuple. L'autre ? Il s'est fait la belle. C'est triste un pays qui meurt et c'est encore plus triste d'en être le roi."

Sans agressivité et sans véritable nostalgie, ce fin connaisseur d'un pays où il avait atterri pour observer les développements de la construction européenne détaille cette fin de partie. La messe semble dite, le divorce des Flamands et des francophones est inéluctable, le mouvement flamand n'a d'autre objectif que l'indépendance à court ou à moyen terme.

Survolant l'histoire d'une nation improbable, née essentiellement d'un compromis entre les grandes puissances du XIXe siècle, il en conclut que ce qui finira par tuer le royaume des Saxe-Cobourg, c'est, d'abord, l'indifférence réciproque des deux peuples qui le composent. Indifférence et méconnaissance de plus en plus grandes, encouragées par un faux fédéralisme, qui a favorisé la dissociation.

Faut-il en pleurer ? Mais non, en rire ! Dans ce pays où un ex-premier ministre, arrivé au pouvoir en s'alliant à des indépendantistes flamands, a confondu récemment La Brabançonne et La Marseillaise, on se séparera forcément en douceur, prédit Fralon. Les Flamands s'en iront, tandis que Bruxelles et la Wallonie formeront une mini-Belgique. Des scénarios plus pessimistes circulent. Plein d'espoir et de conviction, l'auteur ne veut pas y croire.


LA BELGIQUE EST MORTE, VIVE LA BELGIQUE ! de José-Alain Fralon. Fayard, 204 p., 17 €.

Jean-Pierre Stroobants