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22/06/2012

A la télé ce soir

A la télé ce soir:
Sur M6 à 18H45 ,dans 100 % Mag , on parle de l'île LouËt ( Carantec)

18:10 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0)

Guillaume Lejean

Guillaume Lejean (1824-1871) fut sans doute un des plus grands explorateurs de son temps, à l’égal d’Henry Stanley, de Savorgan de Brazza, de Richard Burton ou de David Livingstone. Il naquit dans une ferme trégoroise, à Plouégat-Moisan, où il se retira souvent pour écrire ses voyages. Publiés, ils firent sa célébrité.

A l’heure où l’audio-vidéo n’existait pas, l’explorateur ne disposait que de l’écriture, du dessin et de la cartographie, trois domaines dans lesquels Guillaume Lejean excella. Son niveau scolaire fut si élevé qu’on tenta de lui faire embrasser la carrière ecclésiastique, puis celle d’administrateur (il travailla à la sous- préfecture de Morlaix), à l’époque, sources principales d’élévation sociale. Il s’y refusa. Il monta à Paris et tenta de devenir médecin, mais en vain.portraitGlejean.JPG

Très tôt, il se trouva remarqué pour ses talents d’écrivains : d’abord de l’historien Jules Michelet (1845), puis du grand poète républicain, Lamartine, qui en fit son secrétaire (1850-1853). Cependant, ce fut la géographie qui l’attira. Il avait déjà rédigé des notices sur l’histoire de la Bretagne et sur la vie quotidienne en Bretagne à son époque. La chance lui souriait car la France disposait alors de la prestigieuse société de géographie (fondée en 1821).

Par ailleurs, l’époque était propice. La France, afin de restaurer sa puissance européenne, se devait de reconstituer son empire colonial, empire bien diminué après les pertes subies à cause de la Révolution et des errances napoléoniennes (vente de la Louisiane). La France avait donc besoin d’explorateurs sachant s’exprimer. A l’instar de son homologue britannique, The Royal Society of Geography, la Société de géographie se révéla être le sésame. En être membre permettait d’obtenir le soutien de l’Etat et de l’empereur Napoléon III (1852-1870) même si l’on était comme Guillaume Lejean républicain. L’empereur, véritable historien et géographe, triplera sous son règne l’empire colonial français s’implantant davantage en Algérie, en Indochine, en Océanie (Nouvelle-Calédonie) et en Afrique (Sénégal).

Les sept missions que l’empereur confia à Guillaume Lejean, devenu membre reconnu de cette société savante, ne furent donc pas dénuées d’arrière-pensées. Guillaume fut envoyé d’abord étudier la Sublime Porte, c’est-à- dire l’empereur turc que l’on nomme à l’époque l’empire ottoman. Cet immense empire, s’étendant sur trois continents, allant des Balkans à l’Iran et jusqu’au Maroc, était alors en plein déclin. Les puissances européennes étaient prêtes à le dépecer. Guillaume partit donc étudier en 1857 trois des régions européennes les plus turbulentes de l’empire : carteGlejean.JPGla Valachie, la Moldavie et la Bulgarie. En chemin, il visita l’Albanie, le Monténégro et la Bosnie. Il est vraisemblable que ses rapports et surtout ses cartes ont convaincu Napoléon III de soutenir en 1862 l’indépendance de ces trois régions qui deviendront les royaumes de Roumanie et de Bulgarie.

Le Nil était alors aussi un enjeu majeur. L’ami et parent de l’impératricevoyagedanslesbalkans.JPGEugénie, Ferdinand de Lesseps, fit creuser le canal de Suez (1859-1869). Il fallait donc contrôler ce fleuve mythique dont on ne connaissait pas les sources. Une véritable course contre la montre s’engagea avec les Anglais. Guillaume Lejean passa de nombreuses années en Afrique de l’Est (1860, le Soudan par le Nil ; 1862-1864, l’Abyssinie ou Ethiopie actuelle). Il y récolta la fonction de consul de France, la légion d’honneur et la célébrité (par ses deux livres : voyages aux Deux Nils et voyage en Abyssinie), mais aussi de graves ennuis à Karthoum (au Soudan) où il dénonça la traite négrière et en Abyssinie où l’empereur (le Négus, un chrétien) le fit prisonnier et le plaça en résidence surveillée.

Rentré pour peu de temps en France, il repartit en 1865 pour l’Asie, pour bien sûr une mission historique - découvrir l’itinéraire d’Alexandre (il identifia le site de la fameuse bataille d’Arbalès) et le berceau des Celtes ; il est vrai que Napoléon III avait lui-même réalisé une monumentale histoire de Rome et finançait alors avec son propre argent les fouilles sur les sites archéologiques celtes –, mais encore géographique – cartographier des régions très peu connues – et surtout politique.

L’empereur eut en 1862 le grand projet de créer un vaste royaume arabe ayant pour centre Damas (projet repris pendant la Première guerre mondiale par le fameux Lawrence d’Arabie). Il fallait ainsi identifier l’état de l’empire ottoman dans sa partie asiatique, mais aussi les influences anglaises et russes au Proche et au Moyen Orient et cela jusqu’en Inde (où les Britanniques avaient rencontrés d’importantes difficultés lors de la révolte des Cipayes en 1857). Guillaume partit de Paris, via Constantinople, traversa l’Asie mineure, l’Anatolie, parvint en Syrie, arriva en Mésopotamie (Irak actuelle), parcourut la Perse (Iran actuel) pour atteindre l’Afghanistan, le Cachemire et le Penjab. Ses rapports, ses dessins et ses clichés photographiques le rendirent à son retour mondialement célèbre.

copy_of_voyagedanslesbalkans2.pngMais le Royaume-Uni tenait désormais d’une main de fer les Indes et de surcroît devint un allié privilégié de la France. Guillaume Lejean, restant un explorateur infatigable, effectua plusieurs voyages, entre 1867 et 1870, encore l’immense empire ottoman, étudiant sa capitale Constantinople, poussant jusqu’au Kurdistan. Il est vrai que cet empire, que l’on connaissait alors bien mal, commençait à préoccuper les chancelleries européennes. En quoi consistait vraiment cet empire ? Quelles étaient les limites ? Par qui était-il peuplé? A une époque où l’idée d’Etat-nation se mettait en place, les dirigeants européens souhaitaient savoir ce qui pourrait advenir de l’éclatement de cet empire multiethnique et surtout s’il n’y avaient pas certains peuples sur lequel ils pouvaient s’appuyer pour augmenter leur influence internationale. Il n’est donc pas étonnant que Guillaume Lejean se soit rendu au Kurdistan, de plus en plus autonome.

Guillaume Lejean se préoccupa à la fois de connaître les dirigeants des territoires qu’il visita, mais aussi la psychologie des peuples. Cependant, sa vision était celle des gens de son époque. Ses propos sont, comme chez nombre de ses contemporains, émaillés de « formules infantilisantes, de jugements à l’emporte-pièce émis sur un ton de supériorité à propos des défauts et qualités supposés des races » (M.-T. Lorain). Pour lui, les habitants des territoires traversés étaient « des enfants qui se croient des hommes, mais du moins des enfants sympathiques » (juin 1857). Ce regard, ses écrits, ses dessins, ses photographies, ses cartes connurent un retentissement considérable. Le grand géographe Élysée Reclus intègra la carte en couleur des Balkans (voir ci-dessous) élaborée par Guillaume Lejean dans sa Géographie universelle, marquant les esprits, surtout des diplomates qui à partir de 1875 s’y référeront lors des négociations portant sur le partage des anciennes possessions de l’Empire ottoman, négociations qui perdureront jusque dans les années 1920-1930.

Guillaume Lejean fut contraint de mettre fin à sa dernière expédition. Son commanditaire, Napoléon III vint à perdre son trône en 1870 après sa défaite de Sedan. Revenu épuisé, il s’éteignit dans sa terre  bretonne de Plouégat-Moisan en 1871.

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http://fr.topic-topos.com/cenotaphe-de-guillaume-lejean-p...

(consulté le 14 février 2012)

 

 

Bibliographie :
 
Une excellente biographie d’Erwan Chartier (consulté le 14 février 2012)
 
 
P. LEVOT, GuillaumeLejean, ses voyages, ses travaux, Brest, 1883.
M.-T. LORAIN, GuillaumeLejean, voyageur et géographe, éditions Les Perséides, Paris, 2006.
 
 
Sur sa correspondance :
 
Guillaume Lejean, Charles Alexandre, Correspondance (1846- 1869). Deux républicains bretons dans l'entourage de Lamartine et de Michelet, Paris, 1993.
 
 
Pour les récits de Guillaume Lejean :
Guillaume Lejean. Voyages dans les Balkans (1857-1870), édités par M.-T. LORAIN et B.LORY, Paris, 2011.http://balkanologie.revues.org/index2314.html
(consulté le 14 février 2012).
 
G. LEJEAN, Voyage en Abyssinie, exécuté de 1862 à 1864, Paris, 1873. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85237q (consulté le 14 février 2012).
 
 
« Le Haut-Nil et le Soudan, souvenirs de voyages, I- les empires noirs et les nouvelles découvertes au Fleuve-Blanc », dans Revue des Deux Mondes, 2nd pédiode, tome 37, 1862, p.854-882. http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Haut_Nil_et_le_Soudan/01 (consulté le 14 février 2012).
 
(consulté le 14février 2012).
 
 
(consulté le 14 février 2012).
 
 
« La Russie et l’Angleterre dans l’Asie centrale » dans Revue des Deux Mondes, t. 69, 1867.
(consulté le 14 février 2012).
 
 
 
« L’Abyssinie en 1868 », dans Revue des Deux Mondes, t. 74, 1868.
(consulté le 14 février 2012).
 
 
« La Traite des esclaves en Egypte et en Turquie », dans Revue des Deux Mondes, t. 88, 1870.
(consulté le 14 février 2012).
 
 

 

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14/06/2012

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