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15/01/2008

Pour les Européens, la sécession de la Flandre reste de la politique-fiction

LE MONDE | 15.01.08 | 14h02  •  Mis à jour le 15.01.08 | 14h02  

La crise politique belge entre dans une nouvelle phase. Mardi 15 janvier devait avoir lieu, à Bruxelles, la première réunion du groupe chargé de négocier la réforme du fédéralisme belge, sous la présidence du chrétien-démocrate flamand Yves Leterme. Sept mois après les élections législatives de juin 2007 et le début de la crise, celui-ci a échoué à deux reprises à constituer un gouvernement de coalition.

Les partenaires européens du Royaume se refusent à considérer comme vraisemblable le scénario d'un éclatement du pays. L'hypothèse fait dresser des sourcils incrédules à Jürgen Linden, maire d'Aix-la-Chapelle. "L'éclatement de la Belgique n'est pas un sujet pour nous", dit-il. A court terme, la crise belge n'affecte pas les coopérations actives au sein de "l'Eurégion" que partage avec l'est de la Belgique cette grande ville de l'Allemagne frontalière.

En Wallonie, un mouvement milite de longue date pour le rattachement de cette région à la France, et considérerait comme "naturel" d'y adjoindre la capitale, Bruxelles. La radicalisation du conflit et l'exaspération des francophones face aux revendications flamandes donnent un nouveau souffle au Rassemblement Wallonie-France de Paul-Henry Gendebien, qui ne séduit généralement qu'une poignée d'électeurs belges et n'est guère suivi en France.

En réunissant un conseil des ministres au cours duquel la crise belge figurait à l'ordre du jour, le gouvernement des Pays-Bas est sans doute le seul en Europe à avoir officiellement examiné la situation politique de son voisin. C'était au moment où M. Leterme se démenait, en vain, pour trouver une solution, et que M. Verhosftadt n'avait pas encore été mobilisé par le roi Albert II. Le premier ministre Jan Peter Balkenende n'a jamais livré le résultat de ce conseil ministériel, afin de ne pas être taxé d'ingérence. Il a, en tout cas, été l'un des premiers à avoir le détail de la situation dénouée par M. Verhofstadt, dans l'avion les conduisant à Lisbonne pour la ratification du projet de traité européen modifié, le 13 décembre.

EFFET DE CONTAGION

Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois, a invité au mois d'août les politiques belges à "se ressaisir". "Nous avons toujours l'impression que la velléité de séparation n'est pas partagée par le citoyen belge", remarquait-il, soulignant que les Luxembourgeois étaient heureux que le franc belge ne soit plus leur monnaie nationale. Parce qu'en d'autres temps ce franc aurait sans doute été dévalué, compte tenu de la longueur de la crise politique.

La séparation de la Slovaquie et de la République tchèque, en 1993, conduit à redouter un effet de contagion, conforté par les tentations autonomistes dans de nombreux pays : celles de la Flandre, de l'Ecosse, de la Catalogne, du Pays basque ou de la Lombardie.

Or la Belgique, siège des institutions européennes, occupe une place stratégique au sein de l'Europe. Comment fonctionnerait une Union constituée d'une multitude de micro-Etats aux côtés de quelques grands ?

Vue d'Europe, la sécession de la Flandre reste de l'ordre de la politique-fiction. "Cohabitation improbable, scission impossible", résume Pierre Moscovici, secrétaire national du PS aux relations internationales, par allusion à la formule de Raymond Aron sur la guerre froide : "Paix improbable, guerre impossible".

Jean-Pierre Stroobants (à Bruxelles) et Marion Van Renterghem

21/12/2007

Et la Belgique eut un gouvernement

17239c4daee8ccf6d6ab0910161523fc.jpgLe Premier ministre sortant Guy Verhofstadt a réussi la nuit dernière à trouver un accord pour former un gouvernement intérimaire en Belgique, où subsiste depuis plus de six mois une vacance du pouvoir. Il conservera lui-même la tête de cette coalition de cinq partis, francophones comme flamands, et prend une petite revanche après sa lourde défaite aux élections générales.

Et la Belgique eut un gouvernement. Plus de six mois après les élections législatives, le Premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, a arraché un accord pour former une équipe intérimaire chargée de gérer les affaires urgentes. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a obtenu la participation au gouvernement du parti démocrate-chrétien francophone, débloquant ainsi les négociations engagées il y a tout juste quinze jours sur demande du roi Abert II. La nouvelle équipe regroupera cinq partis: démocrates-chrétiens flamands et francophones, libéraux flamands et francophones et socialistes francophones. Elle devrait entrer en fonction dans les prochains jours.

Disposant d'une majorité des deux-tiers au Parlement, le gouvernement provisoire devrait pouvoir agir rapidement sur les problèmes conjoncturels de la Belgique, notamment la question du pouvoir d'achat qui a conduit plus de 20 000 personnes dans la rue, samedi. Il devrait rester au pouvoir jusqu'au 23 mars, date à laquelle Verhofstadt entend passer la main au vainqueur des élections, le chef des démocrates-chrétiens flamands Yves Leterme. D'ici là, celui-ci devra tenter de trouver un accord sur la formation d'un gouvernement définitif. Grand vainqueur des élections du 10 juin, au détriment notamment de Verhofstadt, chef de gouvernement sortant, Leterme n'a pas été en mesure de bâtir une coalition viable. La faute, notamment, au déchirement entre Flamands et Wallons sur la réforme des institutions belges accordant une plus large autonomie aux régions, que souhaitent les premiers.

Pendant plusieurs mois, Yves Leterme a tenté sans succès de constituer un gouvernement avec les démocrates-chrétiens flamands et francophones. Son échec a donc permis le retour en grâce de Verhofstadt, perçu comme le sauveur d'un pays en crise et qui s'offre une petite revanche. Il a confirmé en une quinzaine de jours sa capacité à apaiser les tensions entre partis et communautés, qui a fait sa force pendant huit années au pouvoir. Le passage de témoin de mars ne sera pas sans risques, Leterme étant un fervent partisan de l'autonomie renforcée des régions. Après plus de six mois de crise comme la Belgique n'en avait jamais connue, la réforme de la Constitution semble inéluctable à terme. Mais avant cela, il faudra trouver un "vrai" gouvernement.

19/12/2007

Parlez-vous le belge ?



Eh bien moi, j'ai un petit problème avec le mot "Wallon".

Quelqu'un inventa le mot "Wallon", qui vient du germanique "Walha" = "étranger" et qui se rapproche de "Gaule". Le mythe du "gallus" = "gaulois", donc coq gaulois et autres blagues n'ont aucune existence linguistique. A noter que "Welsh", "Wales" = "Gallois", "Pays de Galles" viennent du même mot "Walha".

Du coup, je trouve que wallon est un mot trop vague pour désigner cette langue. Les  wallons sont ceux qui se reconnaissent comme "parlant le français" ou quelque chose de proche. Si l'on compare avec d'autres noms de langue comme Breton, Bourguignon, Corse, Basque, on remarque que le nom utilisé décrit exactement une région (une nation?), alors que wallon signifie "descendant du gaulois" (ou langue non germanique, romane), ce qui ne favorise pas vraiment une idée précise pour laquelle s'identifier (tout comme l'est le gallo en Bretagne, dont le nom voulait seulement dire "langue non-bretonne").

Je pensais justement, en me doutant du tollé que je vais provoquer, renommer cette langue "le belge", simplement parce que depuis l'Antiquité, on est sur un territoire appelé Gaule Belgique et c'est donc la langue légitime de ce territoire, si l'on excepte le Flamand, qui est un dialecte du néerlandais et non une langue, et qui a déjà un nom plus précis et identitaire que "Wallon" et le Bruxellois, qui est un dialecte mâtiné de français.

Il serait intéressant de lire vos réactions à mes élucubrations.

Henri