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07/01/2012

Trophée Jules-Verne. Le Graal en 45 jours et 13 h !

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Trophée Jules-Verne. Le Graal en 45 jours et 13 h !

 

7 janvier 2012 -

Hier, à 23 h 14'35'', «Banque Populaire V» a établi un nouveau record sur le Trophée Jules-Verne. Un temps de référence de 45 jours, 13 h 42'53'' à la moyenne de 26,51 noeuds sur 29.002 milles. Soit 2 jours 18 h 01'59'' de mieux que Franck Cammas. Impressionnant !

 

 

 

Ils sont arrivés! Déjà? Ben oui déjà. Ah que le temps passe vite... Surtout à bord d'un maxi-multicoque de 40 mètres capable de filer à plus de 40 noeuds. Hier midi à Brest, port de départ et d'arrivée des tours du monde, il y avait une belle effervescence au port du Château. Au même moment, au sud de l'Irlande, à bord de la fusée bleue, il n'y avait, au contraire, aucune euphorie. Pas question de crier victoire trop tôt. En voile, tant que la ligne n'est pas franchie... «On a juste hâte que ça se termine. On apprécie chaque seconde», disait Loïck Peyron, toujours aussi enjoué à la vacation. «On marche à 32 noeuds». A ces vitesses-là, forcément les secondes passent plus vite.

Deux jours à gratter

D'ailleurs, depuis le mardi 22novembre, jour du départ au large de Ouessant, tout est allé vite pour Peyron et ses équipiers. On se souvient d'une descente de l'Atlantique nord et sud express, d'un océan Indien rapide comme une flèche, d'un Pacifique tordu et compliqué à cause des glaces (deux jours perdus), d'une remontée de l'Atlantique sud très agréable et d'une dernière ligne droite pas droite du tout entre l'équateur et l'arrivée (une demi-journée de perdue). On savait que ce géant, construit chez CDK à Lorient, était capable de tourner autour de la planète en 45-46 jours. On sait aujourd'hui qu'il y a deux jours, voire deux jours et demi à gratter sur ce parcours. Au moins pour cette plateforme-là qui a été menée à 75-80% de son potentiel par un équipage expérimenté et soudé.

Le curseur au bon endroit

Tout au long des 24.000 milles, Loïck Peyron a su lever le pied quand les conditions l'imposaient et appuyer sur le champignon quand le vent et la mer le permettaient. En bon chef d'orchestre, il a su placer le curseur au bon endroit. Ce marin surdoué a surtout transmis sa bonne humeur naturelle et sa joie de naviguer à tous ses équipiers. Appelé à la rescousse après le licenciement Bidegorry, le Baulois a eu 100% de réussite depuis qu'il a pris la barre du trimaran géant. Cette réussite l'a suivi autour du monde où, sans un zeste de chance, rien n'est possible.

Blanquette de veau fruits... et dentifrice

Toujours est-il qu'il était grand temps que le bateau rentre à la maison, Xavier Revil, responsable de l'avitaillement, ayant prévu pour 45 jours de nourriture. Pas un de plus. «45, je trouvais que c'était un bon chiffre, disait Peyron avec malice. On avait vu juste. Là, on est en train de finir les dernières pâtes. Il ne reste plus grand-chose à manger mais il y a plus malheureux que nous». Depuis quelques jours, les marins n'ont plus de... dentifrice. La nuit dernière, juste après la ligne d'arrivée, un pneumatique est venu à la rencontre du maxi pour apporter des victuailles: blanquette de veau, jus de fruits, soda, bouteille de vin, de vrais verres (45 jours à boire dans des gobelets en plastique...), des fruits et, bien sûr, du dentifrice, histoire d'avoir des haleines acceptables devant les médias aujourd'hui à Brest.

Dans le goulet à 9h

Mais, comme le disait Jacques Caraës, qui faisait partie de l'équipage de «Groupama 3» de Franck Cammas, victorieux du Trophée Jules-Verne en mars2010 (48 jours 7h44'52''), il y a des règles à respecter: «Tant qu'on n'a pas passé le goulet, il ne faut pas boire au goulot». Mouais, sauf qu'on ne nous fera jamais croire qu'ils ne se sont pas fait livrer quelques bouteilles de champagne. «Vous savez, les marins sont pudiques, plaisante Peyron. C'est pourquoi on a mis un point d'honneur à franchir la ligne d'arrivée de nuit...» Ce matin, le géant bleu et ses 14 bonshommes jaunes sont attendus à 9h dans le goulet de la rade de Brest et, une heure plus tard, au ponton des géants, port du Château. Château? Un nom prédestiné pour les nouveaux rois du monde.

 

De Bruno à Loïck. .. Peyron

 

Bruno Peyron avait été le premier à inscrire son nom avec «Commodore Explorer» au palmarès du Jules-Verne en 1993. Son frère cadet Loïck vient d'ajouter un chapitre victorieux à cette saga du tour du monde en équipage.

 

Les belles histoires naissent parfois autour d'une table de bistrot. Le tour du monde en 80 jours était une idée jetée au vent par quelques marins en quête de nouvelles aventures. Autour d'Yves Le Cornec, agitateur en chef, il y avait Florence Arthaud, Jean-François Coste, le médecin marin, Yvon Fauconnier...

Les pionniers de «Commodore»

Il a fallu des équipages intrépides pour mettre l'histoire en musique et s'aventurer en multicoque autour de la planète sur les traces de Phileas Fogg, le héros de Jules-Verne. Joli clin d'oeil de l'histoire, c'est Bruno Peyron qui avait ouvert la voie en 1993 avec un commando de cinq hommes sur le spartiate catamaran «Commodore Explorer». Boucler le tour du monde en multicoque était un vrai défi et passer sous la barre des 80 jours, une douce utopie. Au Horn, Peyron et son équipage, ballottés dans une terrible tempête, avaient frôlé le pire. Mais cet équipage de choc avait réussi cette première et bouclé le tour en 79 jours, 6h15'56''. Juste sous la barre symbolique des 80 jours! La saga du Jules-Verne était lancée. Depuis 20 ans, des marins de caractère Olivier de Kersauson, Sir Peter Blake, Franck Cammas en ont successivement écrit la légende. Bruno Peyron, le plus assidu sur ce parcours avec Kersauson, en a été le détenteur à trois reprises (1). Son frère, Loïck, en avait rêvé mais ne s'y était jamais essayé. Dès sa première tentative, il inscrit son nom sur les tablettes de ce prestigieux record. Un coup de maître pour son coup d'essai. Sur le terrain de jeu préféré de son aîné, le cadet va avoir le dernier mot. «Oui mais ce qui est joli, c'est qu'on porte le même nom. A nous deux, on aura remporté quatre fois ce Jules-Verne, soit la moitié du palmarès. Et on va essayer de la garder un peu même si les records, c'est fait pour être battu. Et puis, Bruno gardera encore un temps partiel sur le Pacifique et Franck (Cammas) le meilleur temps entre l'équateur et Ouessant».

Une oeuvre collective

En 20 ans, l'accélération est fantastique puisque les 14 marins de «Banque Populaire V» auront mis 34 jours de moins que les pionniers de «Commodore Explorer». Choisi par la banque bleue il y a quelques mois pour mener ce trimaran géant autour du monde, Peyron a rempli son contrat. Ce marin au talent éclectique n'a pas chamboulé les habitudes de travail de l'équipe. Il a su s'appuyer sur les compétences du bord mais a apporté son style, son expérience du multicoque et sa bonne humeur. Ce surdoué de la communication a su trouver les formules justes pour faire vivre l'aventure aux terriens. Inévitablement sous le feu des projecteurs à l'heure du triomphe, il n'oublie pas que cette conquête est une oeuvre collective. «Je ne suis que le chef d'un orchestre avec un instrument fabuleux entre les mains», a-t-il répété.

(1) En 1993, 2002 avec «Orange1» et 2005 avec «Orange 2».

 

08:02 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0)

06/01/2012

Loick Peyron vous invite à l'arrivée à Brest - Trophée Jules Verne 2011

18:02 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1)

18/11/2011

Les bretonnismes de retour : 11ème meilleure vente d'essais en France (source Ipsos)

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02:04 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0)