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06/12/2009

Un village breton 100% écolo

Amélie Cano

Serge Moëlo (à droite), avec un des habitants de l'écohameau citoyen (photos : Amélie Cano).
Serge Moëlo (à droite), avec un des habitants de l'écohameau citoyen (photos : Amélie Cano).

REPORTAGE - S'inspirant d'exemples en Allemagne et en Autriche, ce village breton de 450 habitants vit depuis dix ans selon les principes du développement durable.

Assis dans son bureau, Serge Moëlo, le maire de Silfiac, est intarissable sur son nouveau projet : un pôle intergénérationnel, qui abritera des logements pour personnes âgées dépendantes et des studios pour les puéricultrices de la commune. Pendant qu'il parle, il ne cesse de fouiller dans les nombreux dossiers qui encombrent la pièce, avant de brandir triomphalement les plans du futur bâtiment. «Nous voulons installer une centrale photovoltaïque sur le toit, pour en faire un bâtiment à énergie positive» s'enthousiasme-t-il. Des projets comme celui-ci, Serge Moëlo en a plein la tête. Maire de Silfiac depuis 1995, c'est en grande partie sous son impulsion que cette petite commune de 450 habitants a fait le choix du développement durable, il y a près de dix ans.

 


 

Condamnée

Nichée au cœur de la Bretagne, aux confins du Morbihan, dans cette zone que l'on a souvent décrite comme désertée, voire condamnée, rien ne prédisposait Silfiac à devenir une référence en matière de développement durable. Largement tourné vers l'agriculture, le village voit peu à peu disparaître ses habitants. Au début des années 1990, son école est menacée de fermeture. «Je suis arrivé à un moment où il fallait réagir, on était au fond du trou», explique Serge Moëlo. Alors adjoint au maire, il s'évertue à sauver l'école du village grâce à des initiatives originales. Avec d'autres conseillers municipaux et les enseignants, il explique aux élèves la vie municipale. Les enfants organisent un vote dans toute la commune pour baptiser leur école, et vont jusqu'à réaliser un vrai-faux mariage breton, avec banquet et documents d'état civil à l'appui. Peu à peu, les habitants de Silfiac regardent d'un autre œil ce drôle d'adjoint aux initiatives si peu orthodoxes.

 

Hameau éco-citoyen

La commune investit dans le tourisme vert, développe des sentiers de randonnée, préserve son bocage. En 2001, elle franchit un cap. Silfiac possède une quinzaine de terrains à vendre. Le conseil municipal se prononce en faveur d'un hameau écocitoyen. Développé en Allemagne ou en Scandinavie, ce concept vise à associer normes environnementales sévères et organisation sociale responsable. «On a dû élaborer un cahier des charges, définir des objectifs en matière d'économies d'eau, d'énergie, de mixité sociale» se souvient Serge Moëlo. Une quinzaine de maisons s'élèvent aujourd'hui à la sortie du bourg. Les habitants viennent de toute la France, ravis d'avoir enfin trouvé un endroit où réaliser leur rêve écologique. D'autant que la plupart d'entre eux ont des revenus modestes, et accèdent pour la première fois à la propriété. Françoise, jeune retraitée, arrive de Paris. Elle a opté pour une maison bioclimatique, toute en bois, et se chauffe grâce à un système géothermique. «C'est un projet que je nourrissais depuis longtemps, j'ai étudié les différentes possibilités avec un cabinet d'architecte avant de me décider,» dit-elle.

 

Laboratoire à ciel ouvert

L'électricité provient des trois éoliennes qui surplombent le village, les eaux usées du bourg sont en partie assainies grâce au lagunage, les déchets sont triés, les espaces verts sont biologiques… «Cela prouve qu'il est possible de vivre de manière plus durable» affirme le maire. Des réalisations qui n'auraient pas été possibles sans le réseau de solidarité tissé avec une centaine d'autres villages bretons engagés dans le développement durable, et sans les subventions accordées par la région, le département ou l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). «Si des petites communes comme les nôtres peuvent le faire, alors les grandes villes n'ont plus d'excuses» sourit Serge Moëlo d'un air malicieux. Grâce à son dynamisme, Silfiac a pu développer l'emploi local, conserver son école, et même attirer de nouveaux habitants. Serge Moëlo, quant à lui, a atteint l'objectif qui lui tient à cœur : redonner aux habitants une meilleure opinion d'eux-mêmes. «On a longtemps vu la campagne comme un univers en perte de vitesse, uniquement voué à la désertification. Aujourd'hui, ils se rendent compte qu'ils peuvent être porteurs de solutions, que le monde rural est au cœur des enjeux de notre société».

10:58 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : village, breton, écolo

05/12/2009

Lannion-Paris. Airlinair vise 40.000 passagers

Lannion-Paris. Airlinair vise 40.000 passagers

Faire redécoller la ligne aérienne Lannion-Paris : ce sera la lourde tâche d'Airlinair. La compagnie mise sur des promotions tarifaires et sur la relance du trafic d'affaires, pour remonter à 40.000 passagers.

«Paris-Lannion, c'était notre premier vol, le 17 mai 1999.» Lionel Guérin, P-DG d'Airlinair, présent hier à Lannion, n'a pas caché sa satisfaction de reprendre la ligne aérienne vers la capitale. Après dix ans à transporter les voyageurs par affrètement d'Air Liberté, Air Lib' puis Brit Air, Airlinair vole depuis le 23 novembre sous son propre pavillon entre Lannion et Paris. Pourtant, la mission confiée par le syndicat de l'aéroport de Lannion-Côte de Granit n'a rien d'un cadeau. Depuis deux ans, le trafic est en chute libre : 50.000 passagers en 2007, à peine plus de 41.000 en 2008 et aux environs de 35.000 en 2009.

«Tarification de crise»

Pour relancer la fréquentation, Airlinair mise sur «une tarification de crise», c'est-à-dire une baisse des tarifs, que les clients jugeaient trops élevés, de manière récurrente. Les nouveaux tarifs s'échelonneront, pour un aller-retour, de 160 à 514 €. Une promotion à 49 € l'aller simple est même en vigueur jusqu'au 24 décembre. «Dès le départ, on veut créer les conditions pour redécoller», a affirmé Lionel Guérin. Sa priorité: la clientèle économique du plateau industriel de Lannion, qui a fait la rentabilité de la ligne par le passé.

Travailler avec les PME

Des rencontres ont déjà eu lieu avec France Télécom et Alcatel-Lucent (2.000 salariés à eux deux) et des discussions sont en cours avec les petites et moyennes entreprises, qui ne bénéficiaient jusque-là d'aucun tarif préférentiel. «Nous voulons leur proposer un contrat et leur rendre l'avion accessible», a annoncé Lionel Guérin, qui vise un objectif global de 40.000 passagers par an. Cette relance de la ligne se fera avec un fort soutien public. Le déficit, estimé à 2,4 M€ pour 2010, sera couvert à 65% par l'État et pour le reste par les collectivités locales, au premier chef le conseil général. «Le ticket d'entrée est élevé», a encore souligné hier Michel Brémont, vice-président du conseil général. Mais, pour les élus locaux, le soutien à l'activité économique est à ce prix. Toutefois, l'engagement de l'Etat et de plusieurs collectivités est limité à un an. Le ciel aérien de Lannion, bien pluvieux hier, n'est pas encore éclairci.

Airlinair est une compagnie française détenue à 60% par son P-DG fondateur et à 40% par Brit Air. 130 vols quotidiens sur des liaisons régionales en France, 24 avions et près de 500 salariés.

  • Jean-Luc Le Roux

11/11/2009

Erika : « Vous avez tous commis des fautes... »

mercredi 11 novembre 2009


Devant la Cour d'appel de Paris, l'avocate générale a demandé, hier, la confirmation des condamnationsà l'encontre de tous les prévenus.

On ne l'avait guère entendue depuis le début des audiences. Hier, Françoise Mothes s'est largement rattrapée. Pendant plus de trois heures, l'avocate générale a disséqué, au scalpel, les responsabilités des différents prévenus. Pour elle, ce n'est pas la météo ou un vice caché du navire qui explique le naufrage au large du Finistère, en décembre 1999. Mais bien le mauvais état et la corrosion aggravée du bateau.

Les fautifs ? L'armateur, bien sûr, Giuseppe Savarese, propriétaire endetté de l'Erika depuis 1994. Avec Antonio Pollara, son gestionnaire, il s'entendait pour faire réaliser « à l'économie » les réparations indispensables. Ainsi, celles entreprises, l'été 1998, au chantier de Bijella (Montenegro) : ils ne dépensent que 157 000 des 500 000 dollars prévus. Explication : le bateau allait bientôt avoir 25 ans et « ne serait plus accepté par les majors de l'industrie pétrolière ». Donc, inutile d'investir à fonds perdus.

L'année suivante, quand la corrosion des ballasts est détectée, ils ne prennent pas les mesures qui se seraient imposées. Françoise Mothes considère qu'ils ont commis « une faute caractérisée » en ne mettant pas le pétrolier « dans de bonnes conditions de navigabilité ».

Le Rina, ensuite, ce registre italien qui vérifiait l'état du bateau. Au printemps 1999, à l'issue de la visite annuelle, il conclut « qu'il faut faire des réparations ». L'inspecteur délivre néanmoins le certificat. Une « faute d'imprudence qui engage la responsabilité pénale du Rina », estime l'avocate générale.

« Total ne pouvaitpas ignorer »

Et Total, enfin, qui « avait un pouvoir de contrôle et de direction sur le navire » et se comportait comme un « donneur d'ordres ». Elle parle de sa « frénésie d'appels » pendant le naufrage et assure : « Total était mieux informé que le Cross Etel. »

Jamais, le groupe pétrolier n'aurait dû affréter le navire, assure Françoise Mothes. Il savait que l'Erika se rapprochait de ses 25 ans. Qu'il avait porté huit noms et connu trois pavillons ¯ dont le dernier, maltais, de complaisance ¯, quatre sociétés de classification, quatre sociétés de gestion. Et que des problèmes de solidité étaient apparus sur des sisterships sortis du même chantier de construction. « Total ne pouvait pas ignorer que l'Erika était potentiellement dangereux. »

« Vous avez tous commis des fautes. Vous êtes responsables du préjudice écologique » : 400 kilomètres de côtes souillées, 150 000 oiseaux mazoutés. La magistrate demande le maximum, la confirmation des peines prononcées en première instance : 75 000 € d'amende pour Savarese et Pollara, 375 000 € à l'encontre de Total, de sa filiale TPS (relaxée en première instance) et du Rina.

11:55 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erika, total