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12/12/2009

Parti Breton, UDB : la vaine concurrence

Modèle horizontal, et non pas vertical

 

 

Dans le monde postmoderne, toutes les formes politiques héritées de la modernité deviennent obsolètes.

La vie politique ne se résume plus à la concurrence des partis. Le modèle « léniniste », dans lequel les partis cherchaient à arriver au pouvoir pour appliquer leur programme, est largement périmé, car la marge de manœuvre des gouvernements, qu’ils soient nationaux ou régionaux, se réduit un peu plus tous les jours. Les États-nations perdent à la fois leur centralité et leur légitimité.
Leur centralité parce qu’ils sont désormais trop grands pour répondre aux attentes quotidiennes des gens, mais en même temps trop petits pour faire face au déploiement planétaire des problématiques et des contraintes.
Leur légitimité parce que, les creusets institutionnels d’intégration sur lesquels ils s’appuyaient autrefois (l’école, l’armée, les syndicats, les partis, etc.) étant tous entrés en crise les uns après les autres, ils ne sont plus producteurs de social.

Le lien social se reconstitue dès lors à l’écart des autorités administratives et des institutions surplombantes. La globalisation entraîne un divorce entre le sens et le signe, qui se traduit par une désymbolisation généralisée de la vie politique. La crise de la représentation, la montée de l’abstention dans les consultations électorales, la floraison des populismes et des nouveaux mouvements sociaux, sont encore d’autres symptômes caractéristiques de cette évolution.

Si nous assistons simultanément à la fin des Etats-nations au profit des communautés et des continents, à la fin des organisations de masse au profit des réseaux, à la fin du modèle de l’explosion/révolution au profit de celui de l’implosion/dispersion, à la fin des logiques territoriales au profit des logiques transnationales, à la fin de l’individualisme solitaire au profit de l’intersubjectivité des groupes, on ne peut pas dire que les Bretons aient encore bien compris les enjeux de ces transformations profondes.

Arc-boutés sur des modèles du passé, les yeux rivés sur le rétroviseur de l’histoire, l’Emsav tente encore de nous faire croire qu’ils ont compris le sens des cinquante dernières années.

Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l’ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c’était la révolte des masses. De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, et notamment à la tête des partis politiques et des services publics en général.

Ainsi s’élargit jour après jour, la faille profonde et qui va en s’élargissant entre le monde politique et les membres plus humbles de la société qui redoutent désormais de voter pour des bureaucrates dépourvus de tout sentiment d’identité ou d’appartenance nationale.

Le monde globalisé, aujourd’hui, est avant tout un monde de réseaux. Ces réseaux associent des individus en fonction de leurs affinités, de leurs opinions ou de leurs centres d’intérêt, sans qu’entre en ligne de compte leur plus ou moins grande proximité territoriale. Leur grande caractéristique — qui les distingue des autres organisations — est qu’il n’ont ni centre ni périphérie : tout point d’un réseau est à la fois central et périphérique. Les réseaux sont aujourd’hui de toutes sortes : réseaux politiques, industriels et financiers, réseaux d’information, réseaux criminels, réseaux terroristes, etc. Leur mode de fonctionnement est essentiellement celui de la délocalisation.

Ces quelques considérations suffisent à comprendre combien il serait vain de chercher à identifier un « chef d’orchestre » de la politique bretonne de l’Emsav.

Dans la mesure où elle consiste essentiellement en une multiplication de réseaux, la vie politique bretonne n’a ni centre ni opérateur ou poste de commandement central. La puissance bretonne fonctionne selon la logique propre aux Celtes: modèle horizontal, et non pas vertical, « cybernétique » et non pas actionné ou commandé à distance.

La cause du développement de la Bretagne tient dans sa seule existence.

Claude Guillemain

Breizh 2004
Réseau des Bretons de l’Etranger

Lire : http://an-erminig.hautetfort.com/archive/2009/12/11/8e8d0...

06/12/2009

Un village breton 100% écolo

Amélie Cano

Serge Moëlo (à droite), avec un des habitants de l'écohameau citoyen (photos : Amélie Cano).
Serge Moëlo (à droite), avec un des habitants de l'écohameau citoyen (photos : Amélie Cano).

REPORTAGE - S'inspirant d'exemples en Allemagne et en Autriche, ce village breton de 450 habitants vit depuis dix ans selon les principes du développement durable.

Assis dans son bureau, Serge Moëlo, le maire de Silfiac, est intarissable sur son nouveau projet : un pôle intergénérationnel, qui abritera des logements pour personnes âgées dépendantes et des studios pour les puéricultrices de la commune. Pendant qu'il parle, il ne cesse de fouiller dans les nombreux dossiers qui encombrent la pièce, avant de brandir triomphalement les plans du futur bâtiment. «Nous voulons installer une centrale photovoltaïque sur le toit, pour en faire un bâtiment à énergie positive» s'enthousiasme-t-il. Des projets comme celui-ci, Serge Moëlo en a plein la tête. Maire de Silfiac depuis 1995, c'est en grande partie sous son impulsion que cette petite commune de 450 habitants a fait le choix du développement durable, il y a près de dix ans.

 


 

Condamnée

Nichée au cœur de la Bretagne, aux confins du Morbihan, dans cette zone que l'on a souvent décrite comme désertée, voire condamnée, rien ne prédisposait Silfiac à devenir une référence en matière de développement durable. Largement tourné vers l'agriculture, le village voit peu à peu disparaître ses habitants. Au début des années 1990, son école est menacée de fermeture. «Je suis arrivé à un moment où il fallait réagir, on était au fond du trou», explique Serge Moëlo. Alors adjoint au maire, il s'évertue à sauver l'école du village grâce à des initiatives originales. Avec d'autres conseillers municipaux et les enseignants, il explique aux élèves la vie municipale. Les enfants organisent un vote dans toute la commune pour baptiser leur école, et vont jusqu'à réaliser un vrai-faux mariage breton, avec banquet et documents d'état civil à l'appui. Peu à peu, les habitants de Silfiac regardent d'un autre œil ce drôle d'adjoint aux initiatives si peu orthodoxes.

 

Hameau éco-citoyen

La commune investit dans le tourisme vert, développe des sentiers de randonnée, préserve son bocage. En 2001, elle franchit un cap. Silfiac possède une quinzaine de terrains à vendre. Le conseil municipal se prononce en faveur d'un hameau écocitoyen. Développé en Allemagne ou en Scandinavie, ce concept vise à associer normes environnementales sévères et organisation sociale responsable. «On a dû élaborer un cahier des charges, définir des objectifs en matière d'économies d'eau, d'énergie, de mixité sociale» se souvient Serge Moëlo. Une quinzaine de maisons s'élèvent aujourd'hui à la sortie du bourg. Les habitants viennent de toute la France, ravis d'avoir enfin trouvé un endroit où réaliser leur rêve écologique. D'autant que la plupart d'entre eux ont des revenus modestes, et accèdent pour la première fois à la propriété. Françoise, jeune retraitée, arrive de Paris. Elle a opté pour une maison bioclimatique, toute en bois, et se chauffe grâce à un système géothermique. «C'est un projet que je nourrissais depuis longtemps, j'ai étudié les différentes possibilités avec un cabinet d'architecte avant de me décider,» dit-elle.

 

Laboratoire à ciel ouvert

L'électricité provient des trois éoliennes qui surplombent le village, les eaux usées du bourg sont en partie assainies grâce au lagunage, les déchets sont triés, les espaces verts sont biologiques… «Cela prouve qu'il est possible de vivre de manière plus durable» affirme le maire. Des réalisations qui n'auraient pas été possibles sans le réseau de solidarité tissé avec une centaine d'autres villages bretons engagés dans le développement durable, et sans les subventions accordées par la région, le département ou l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). «Si des petites communes comme les nôtres peuvent le faire, alors les grandes villes n'ont plus d'excuses» sourit Serge Moëlo d'un air malicieux. Grâce à son dynamisme, Silfiac a pu développer l'emploi local, conserver son école, et même attirer de nouveaux habitants. Serge Moëlo, quant à lui, a atteint l'objectif qui lui tient à cœur : redonner aux habitants une meilleure opinion d'eux-mêmes. «On a longtemps vu la campagne comme un univers en perte de vitesse, uniquement voué à la désertification. Aujourd'hui, ils se rendent compte qu'ils peuvent être porteurs de solutions, que le monde rural est au cœur des enjeux de notre société».

10:58 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : village, breton, écolo

05/12/2009

Lannion-Paris. Airlinair vise 40.000 passagers

Lannion-Paris. Airlinair vise 40.000 passagers

Faire redécoller la ligne aérienne Lannion-Paris : ce sera la lourde tâche d'Airlinair. La compagnie mise sur des promotions tarifaires et sur la relance du trafic d'affaires, pour remonter à 40.000 passagers.

«Paris-Lannion, c'était notre premier vol, le 17 mai 1999.» Lionel Guérin, P-DG d'Airlinair, présent hier à Lannion, n'a pas caché sa satisfaction de reprendre la ligne aérienne vers la capitale. Après dix ans à transporter les voyageurs par affrètement d'Air Liberté, Air Lib' puis Brit Air, Airlinair vole depuis le 23 novembre sous son propre pavillon entre Lannion et Paris. Pourtant, la mission confiée par le syndicat de l'aéroport de Lannion-Côte de Granit n'a rien d'un cadeau. Depuis deux ans, le trafic est en chute libre : 50.000 passagers en 2007, à peine plus de 41.000 en 2008 et aux environs de 35.000 en 2009.

«Tarification de crise»

Pour relancer la fréquentation, Airlinair mise sur «une tarification de crise», c'est-à-dire une baisse des tarifs, que les clients jugeaient trops élevés, de manière récurrente. Les nouveaux tarifs s'échelonneront, pour un aller-retour, de 160 à 514 €. Une promotion à 49 € l'aller simple est même en vigueur jusqu'au 24 décembre. «Dès le départ, on veut créer les conditions pour redécoller», a affirmé Lionel Guérin. Sa priorité: la clientèle économique du plateau industriel de Lannion, qui a fait la rentabilité de la ligne par le passé.

Travailler avec les PME

Des rencontres ont déjà eu lieu avec France Télécom et Alcatel-Lucent (2.000 salariés à eux deux) et des discussions sont en cours avec les petites et moyennes entreprises, qui ne bénéficiaient jusque-là d'aucun tarif préférentiel. «Nous voulons leur proposer un contrat et leur rendre l'avion accessible», a annoncé Lionel Guérin, qui vise un objectif global de 40.000 passagers par an. Cette relance de la ligne se fera avec un fort soutien public. Le déficit, estimé à 2,4 M€ pour 2010, sera couvert à 65% par l'État et pour le reste par les collectivités locales, au premier chef le conseil général. «Le ticket d'entrée est élevé», a encore souligné hier Michel Brémont, vice-président du conseil général. Mais, pour les élus locaux, le soutien à l'activité économique est à ce prix. Toutefois, l'engagement de l'Etat et de plusieurs collectivités est limité à un an. Le ciel aérien de Lannion, bien pluvieux hier, n'est pas encore éclairci.

Airlinair est une compagnie française détenue à 60% par son P-DG fondateur et à 40% par Brit Air. 130 vols quotidiens sur des liaisons régionales en France, 24 avions et près de 500 salariés.

  • Jean-Luc Le Roux