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09/08/2009

Le Finistère-Nord de Paco Rabanne

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Inventif et précurseur, le couturier avant-gardiste Paco Rabanne a marqué le monde de la haute couture de ses créations innovantes. C'est dans le Finistère-Nord, où il a grandi, qu'il a choisi de s'installer.

«Ici, c'est le paradis», affirme Paco Rabanne, en balayant du regard la vue imprenable qu'offre sa maison néo-bretonne sur la mer d'Iroise. Il y a septans, après avoir parcouru le monde entier pour son métier, le célèbre couturier a posé ses valises à Portsall, dans la commune de Ploudalmézeau (29). Dans son jardin minéral et végétal, il a érigé un drapeau gwenn-ha-du en haut du mât de Notre-Dame-de-Rumengol et dressé une Vierge noire en souvenir de son enfance morlaisienne. C'est près de Morlaix que le Basque espagnol a grandi. Après que son père a été fusillé sous Franco, il a dû fuir l'Espagne avec sa mère en 1938. Alors qu'ils s'étaient réfugiés au camp d'Argelès(Pyrénées-Orientales), Tanguy Prigent, homme politique breton et ami de sa mère, est venu les chercher pour les cacher à Ploujean, près de Morlaix(29). «Je suis arrivé au bourg de Kerscao en février1939. J'avais quatre ans. Je ne me considère pas comme espagnol. Mon enfance et mon adolescence, je les ai passées en Bretagne. Quand un Breton de 30 ans me dit: vous n'êtes pas Breton. Je lui réponds: «J'ai 76 ans. Je connaissais la Bretagne avant même que tu naisses. Je suis Breton», martèle celui qui a appris à parler le «brezhoneg» avant même de parler français.

«Je dois beaucoup à la Bretagne»

Quand Paco Rabanne quitte la Bretagne au début des années cinquante, c'est pour étudier l'architecture à Paris. Finalement, il a préféré exercer le métier de sa mère, qui était première d'atelier chez Balenciaga, en Espagne. Novateur, surnommé le «métallurgiste de la couture» par Coco Chanel, Paco Rabanne aura marqué de son empreinte un demi-siècle de mode avec ses «robes importables» faites de papier, de métal, d'aluminium... La Bretagne aura aussi été une importante source d'inspiration. À commencer par le costume breton que le fantasque créateur a pris plaisir à détourner lors d'un défilé haute couture en 1992: «C'était une collection avec de grandes coiffes, des incrustations, des chapeaux ronds... J'avais invité sur scène un bagad qui jouait. Il fallait voir la réaction des journalistes. J'étais heureux!», jubile encore Paco Rabanne. «Je dois beaucoup à la Bretagne», précise celui que l'on connaît aussi pour ses déclarations engagées. «Toutes mes premières expériences ésotériques, bizarres, étranges, qui peuvent faire sourire, je les ai eues, ici, en Bretagne. Je suis fondamentalement attiré par la Bretagne, car on y trouve les quatre éléments: l'eau, l'air, le feu, la terre. Je sens tout ça. J'ai besoin de mon vent, de ma pluie... Pour moi, la Bretagne, c'est vital». À suivre: Philippe Gloaguen

03:50 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0)

29/07/2009

Langue celtique


Le breton est une langue celtique, de même souche que le gallois (brittonique) et cousine du gaélique parlé, avec diverses variantes, par les Irlandais et les Écossais. Dans plusieurs régions de Bretagne, les personnes de certaines générations parlent encore couramment le breton entre elles.

L’attachement à leur langue démontré par les Bretons a amené les autorités à bilinguiser (breton et français) parfois les noms de lieux. Dans certaines localités, toutes les indications de ressort municipal sont même formulées dans les deux langues.

À force de revendications, la population a obtenu que la langue bretonne soit non seulement enseignée, mais que les étudiants puissent passer certains examens en breton.

Il y a une trentaine d’années, comme les autorités politiques centrales françaises ne réagissaient pas à leur demande, des militants ont créé une association, Diwan, qui a mis sur pied des écoles maternelles pratiquant l’immersion en langue bretonne.

Depuis, les écoles Diwan, Dihun, Div Yezh, essaimé à travers la Bretagne, ce qui a entraîné un renouveau de la langue ancestrale.

01:37 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (2)

27/07/2009

Christophe Le Mével, le p'tit gars de Lannion

438942_5487047-lemevelq-b111f.jpgChristophe Le Mével. Enfin son Tour !

Christophe Le Mével, le p'tit gars de Lannion, s'est donc classé 10e du Tour de France. Le grand public le découvre mais, pour le petit monde du vélo, ce n'est pas vraiment une surprise.

Christophe Le Mével ne se fait pas prier pour raconter l'anecdote. «Eddy Merckx était venu à Lannion pour la présentation du Tour de France qui arrivait chez nous, je ne sais plus quelle année (NDLR: c'était en 1995). J'avais envie de le voir mais je ne le connaissais que de nom, je ne savais pas quelle tête il avait. Je vois un gros monsieur à l'entrée d'une salle et je lui demande: ?Excusez-moi, il paraît qu'Eddy Merckx est là. Vous savez où il est ?? Il me répond: ?Mais, Eddy Merckx, c'est moi?.» Christophe tente alors une imitation de l'accent belge. Bon, on ne lui fera pas injure en révélant qu'il est bien meilleur coureur qu'imitateur... Christophe avait alors 15 ans et était loin de penser qu'un jour il se classerait 10edu Tour de France. Sa passion de l'époque, c'était le VTT.

Vainqueur sur la roue arrière

«Ça lui était venu par hasard», raconte Daniel, son père. «Chez nous, on est surtout moto. Moi, j'en suis à ma 35e... Mais, un jour, j'ai vu un VTT dans un magasin. J'ai trouvé ça joli. J'en ai acheté deux, un pour Christophe, un pour moi.» Un soupçon casse-cou (comme papa), le fiston devient très vite un des as régionaux de la discipline, au Vélo Vert Lannion, le club dirigé par Didier Le Saux. «Pour lui faire acquérir davantage de fond, je lui ai suggéré de faire de la route. Et là, j'ai très vite vu qu'il était très doué», raconte le marchand de cycles de Lannion, qui fut l'un des meilleurs amateurs bretons. Aujourd'hui encore, il se marre en se souvenant des frasques de Christophe. «Sur route, il avait gardé ses habitudes du VTT. Je me souviens d'une course de juniors à Plouaret où, en plein sprint, il avait soulevé sa roue avant. Ce jour-là, il avait gagné en franchissant la ligne sur la roue arrière. Les commissaires, un peu vieux jeu, avaient même failli le déclasser.» Ce n'était pas qu'un joyeux luron, c'était aussi un excellent grimpeur, déjà très courageux, qui devint très vite un abonné des équipes de France juniors et espoirs. «Mais c'est seulement en espoirs, quand j'étais dans l'équipe Jean-Floc'h, que j'ai commencé à me dire que ce serait bien d'être professionnel.»

Nerf sciatique sectionné

Le rêve commença à prendre forme en 2001 quand il intégra le Crédit Agricole espoirs, qui évoluait dans la 3edivision pro de l'époque. C'était la réserve de l'équipe première qui, le garçon ayant transformé l'essai, l'embaucha la saison suivante. «Là, je devenais un vrai pro. Mais, au bout de quatre mois, j'ai cru que c'était déjà terminé. Définitivement terminé.» Il faut savoir qu'en mai2002, aux Quatre Jours de Dunkerque, il fut victime d'une chute terrible. Rien que de l'écrire, ça fait mal: il eut le nerf sciatique gauche sectionné. La cicatrice est toujours là pour en témoigner... «Sur le coup, je ne pensais même plus au cyclisme. Mon seul but, c'était de pouvoir remarcher. Mais, grâce au docteur Armand Mégret, j'ai repris espoir. C'est lui qui a assuré ma rééducation. Il m'a même remis sur le vélo avant que je puisse marcher.» La saison suivante, le Lannionnais était redevenu coureur cycliste et il mit même un point d'honneur à s'aligner, dès janvier, dans le Tour du Qatar. Où il attaqua au kilomètre 0!

Giro: une étape et Laura...

Depuis, Le Mével a patiemment gravi les échelons. Meilleur grimpeur du Tour de l'Avenir en 2003, 3ede cette même épreuve en 2004, il a signé sa première (et seule, pour l'instant...) victoire pro en 2005. C'était dans le Tour d'Italie, à Varazze, où, à 1.500 mètres de l'arrivée, il faussa compagnie à ses cinq compagnons d'échappée. Quelques jours plus tôt, il avait rencontré Laura, une belle Italienne, devenue aujourd'hui son épouse. «Ce fut un coup de foudre», raconte Laura, qui ne se fait pas prier pour parler de «son» Christophe. «Ses passions? La moto et la musique, des groupes américains un peu spéciaux. Sa qualité majeure? Sa gentillesse. Il est très généreux, trop peut-être. Il pense toujours aux autres avant de penser à lui-même. Ces derniers temps, il avait très peur de perdre sa place dans les dix premiers du Tour. Mais c'était, avant tout, pour ne pas faire de peine à tous ceux qui croient en lui. Il est très drôle aussi. C'est toujours lui qui fait rigoler tout notre petit cercle d'amis, ici à Saint-Laurent-du-Var.» Le nom est lâché... Pour se rapprocher de l'Italie de Laura et bénéficier de meilleures conditions d'entraînement, les Le Mével ont mis leur maison de Trédrez-Locquémeau en location et vivent aux portes de Nice.

Résistant et courageux

Mais le fils de Patricia et Daniel ne renie jamais ses racines bretonnes. C'est bien un Breton pur beurre qui s'est classé 10ede son quatrième Tour de France. En 2006, 2007 et 2008, il était avant tout au service de Thör Hushovd, le sprinter du Crédit Agricole, sans que ça l'empêche de démontrer qu'il était doté d'une résistance et d'un courage hors du commun. En 2007, il se serait sans doute classé premier Français du Tour si une fracture de la clavicule ne l'avait pas renvoyé à la maison en début de troisième semaine. «Mais être premier Français et trentième, c'est nul», avait-il déclaré la veille de son abandon. Cette fois, il est premier Français et dixième. Ce n'est pas rien. Et surtout pas une surprise. A La Française des Jeux (voir ci-dessous) où il évolue depuis le début de la saison, il a laissé sa livrée de domestique (en breton, ça se dit Mével...) aux vestiaires. Cette année, c'était enfin son Tour. Il ne l'a pas laissé passer.

Du Crédit Agricole à la Française des Jeux

Au Crédit Agricole depuis ses débuts pros, LeMével a pris une nouvelle dimension en signant, cette saison, à La Française des Jeux. Passé du statut d'équipier au Crédit Agricole à celui d'homme libre chez Madiot, Le Mével n'a pas déçu. 10ede Paris-Nice et du Dauphiné, 12edu Tour de Catalogne, ça vous classe un coureur et ça augurait d'un bon Tour. «Je visais une place dans les 20 premiers, dans les 15 au mieux. Dans les 10, c'est venu après mon échappée de Besançon.» Ce jour-là, il avait acquis un bonus de cinq minutes (sinon, il aurait été 14e...) mais ses places à Verbier (15e), Bourg-Saint-Maurice (17e), au Grand-Bornand (11e), à Aubenas (9e) et au Ventoux (15e), le tout en dernière semaine, prouvent que son classement ne doit rien au hasard. Sa liberté de manoeuvre est une raison de ses bons résultats, ses méthodes d'entraînement aussi. «Avant, quand j'avais fait mes cinq heures de vélo, je croyais m'être bien entraîné. Maintenant, grâce aux conseils de Frédéric Grappe, je fais davantage d'intensité. J'ai aussi bossé en soufflerie et ça a amélioré mes résultats contre la montre. Mais, il y a encore du travail et Grappe m'a dit que j'avais toujours une grosse marge de progression, dans tous les domaines.»

09:45 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1)