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05/05/2009

Guingamp/Rennes : l’affaire de l’hymne Breton...

 

 

Le président du conseil régional de Bretagne a demandé à ce que soit joué, en complément de la Marseillaise, l’hymne Breton lors de la finale de la coupe de France entre Guingamp et Rennes. Promotion de la diversité régionale ou geste autonomiste ?

 

Quel spectacle attend les visiteurs du Stade de France samedi soir à l’occasion de la finale de la Coupe de France entre l’En Avant de Guingamp et le Stade Rennais ! « Gwen Ha Du » de partout et « Bagads » venus de la région entière, la Bretagne va afficher sa fierté culturelle et son folklore à Paris. L’ambiance risque d’être monumentale. Bref ce sera la fête de la Bretagne. Une question vient tout de même troubler cette quiétude : devra-t-on jouer l’hymne Breton en complément de la Marseillaise avant le match ?

C’est en ce sens que Jean-Yves Le Drian, président (PS) du conseil régional de Bretagne, a introduit une demande auprès de la Fédération française de football. Une demande qui a été soufflée par les autonomistes de l’UDB (Union Démocratique Bretonne). Mais une telle doléance embarrasse les autorités qui s’inquiètent déjà du précédent que cela pourrait créer et du traitement qui sera alors réservé à la Marseillaise. A priori, il y a assez peu d’inquiétude sur la seconde proposition quand on se souvient que les Lorientais avaient repris l’hymne à capella après qu’il fut sifflé par les Bastiais en 2002 en finale de la coupe de France.

Embarras

Mais reste la question du précédent et de la portée de ce geste. On sait que la France n’a jamais été très friande du développement des cultures régionales comme en atteste le refus de ratification du protocole sur les langues régionales, notamment, pour des raisons de non-conformité avec la Constitution. Pourtant, il apparait qu’en l’état, hésiter sur la question pourrait lui donner un sens politique alors que seul l’aspect culturel est, pour l’instant, en jeu. En effet, autant les politiques, que les Bretons eux-mêmes, n’y voient qu’une manière de partager leur fierté de la Bretagne et non comme une démonstration de force à l’égard de la France. Refuser cet hymne pourrait donc avoir pour conséquence, regrettable, de déplacer la question sur un terrain politique.

14:09 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1)

Quatre Bretons dans une finale 100 % Breizh

Bretons et fiers de l'être. Ils seront quatre, deux Rennais et deux Guingampais à porter les couleurs de la Bretagne, samedi à partir de 20 h 45 au Stade de France.

Romain Danzé (Rennes)

« Oui, je suis fier d'être breton ! Parce que les Bretons sont fiers d'être breton, un peu plus que dans les autres régions. C'est une identité particulière, moi qui suis du fin fond de la Bretagne. Évidemment, il y a quelque chose de particulier à jouer une finale 100 % bretonne, mais cela reste une finale, que l'on doit gagner. Après, l'ambiance ne sera pas la même que si on avait joué contre Toulouse. Là, il y aura plus de drapeaux bretons dans le stade. À Rennes, nous ne sommes que deux, voire trois, avec Sylvain Marveaux, à porter ces couleurs-là, donc c'est important de les revendiquer. Cela me ferait plaisir d'être considéré comme un des porte-drapeaux du club, comme l'était Étienne Didot ou Yoann Gourcuff. C'est important pour un club breton d'avoir des Bretons dans son équipe. »

Fabrice Colleau (Guingamp)

« Une finale essentiellement bretonne c'est énorme. Personnellement, je suis très attaché à ma région et je la défends becs et ongles devant ceux qui, parfois, en disent du mal. Avec Vannes, c'est vraiment l'année de la Bretagne. On ne sera peut-être que quatre joueurs d'origine bretonne, sur le terrain, mais je sais que chez nous, les joueurs de l'extérieur s'identifient aussi au pays. Ils savent ce que le foot représente pour la ville et la région. En plus de la promotion du pays, de Guingamp, que les gens ne savent pas forcément replacer sur une carte de France, c'est aussi une magnifique manière de démontrer que la Bretagne dispose d'un très bon vivier de footballeurs. En L1, j'ai déjà connu des derbys bretons mais, là, lors d'une finale, la notion de derby sera poussée à son paroxysme. C'est clair que dans un tel contexte, une victoire guingampaise serait extraordinaire. »

Yohan Rivière (Guingamp)

« La Bretagne est déjà bien représentée au niveau de l'élite en championnat. Vannes en finale de la Coupe de la Ligue, Rennes et Guingamp en finale de la Coupe de France, c'est une nouvelle et belle récompense pour une région qui respire le football. La Bretagne est un formidable terroir qui rassemble des milliers de pratiquants dans tous les clubs. Forcément, cette finale, 100 % bretonne, aura une saveur particulière. C'est un événement, un rendez-vous historique pour la Bretagne. L'engouement est énorme autour de ce match. On s'attend à vivre un grand moment dans un Stade de France aux couleurs Rouge et Noir. »

Fabien Lemoine (Rennes)

« Je suis fier d'être Breton et de jouer au Stade Rennais. Mais, je ne suis pas du style à revendiquer quoi que ce soit par rapport à la région. Je ne suis pas prêt à faire des choses en fonction de la Bretagne ou être la mascotte du club parce que je suis d'Ille-et-Vilaine, même si je suis capable de prendre un drapeau breton et faire le tour du terrain avec. Pour moi, tous les joueurs de l'équipe sont Rennais, et portent le même maillot. Je disais, après la victoire à Grenoble, que le coup de coeur ce serait une finale 100 % bretonne et surtout 100 % Rouge et Noir. Ce sera le cas. »

Recueilli par Jacques GUYADER,Philippe PERON, Loïc TACHON.
Ouest-France

14:06 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0)

13/04/2009

Tourisme. Mieux vendre la Bretagne

À l'heure où se décident les destinations pour les vacances d'été, une question mérite d'être posée: la Bretagne sait-elle bien se vendre? Sa communication touristique est-elle assez percutante? Trop de clichés? Pas assez moderne? Le débat est ouvert.

Personne ne le conteste: la Bretagne est une image de marque à elle seule. Patrimoine, authenticité, paysages, identité forte... Comme dit un publicitaire: «On va en vacances en Espagne ou en Bretagne». Ça fait une différence avec la plupart des autres régions françaises. Forte de cette image de marque, la Bretagne ne s'est-elle pas un peu reposée sur ses lauriers? La petite baisse de fréquentation que connaît la région inciterait à répondre par l'affirmative. «On a l'impression que la Bretagne n'a plus rien à prouver. Une communication de clichés s'est mise en place: on a la galette, la pêche à pied, le folklore... C'est une image un peu arriérée. Ça fonctionne bien avec les plus de 40ans mais pas avec les jeunes. On est capable de s'ouvrir à autre chose», observe ÉricPrunier, le directeur de l'office de tourisme de Binic (22). Si ses propos sont plus nuancés, Jean-YvesLeFloch, directeur de l'office de tourisme de Fouesnant, reconnaît aussi la nécessité «de casser un peu les clichés».

La Bretagne doit «se poser par son identité»

Faudrait-il alors occulter l'aspect tradition de la Bretagne pour moderniser sa communication? Personne ne va jusque-là. D'autant qu'il y a un décalage entre la perception qu'ont les Bretons de cette communication et ceux à qui elle s'adresse. «Pour les Bretons c'est un message qui n'est pas toujours facile à décrypter», reconnaît Georgette Bréard, chargée du tourisme à la Région. En clair, une bonne communication, ce n'est pas forcément l'image de la Bretagne telle que les Bretons voudraient la voir. Dans un marché de plus en plus concurrentiel, quel serait, comme disent les professionnels, le positionnement le plus efficace? «Le positionnement de la Bretagne, c'est la Bretagne. Une destination touristique doit d'abord se poser par son identité», répondent Jean-Michel Joncourt et Hervé Danet, de l'agence Publicis Activ de Brest. Bref, faire l'impasse sur la richesse identitaire de la Bretagne serait une grave erreur. Reste à déterminer, dans cette identité, ce qui est le plus efficace, qui puisse être en écho avec un Anglais ou un Allemand. «Si c'est une coiffe de bigoudène, pourquoi pas», ajoute Jean-MichelJoncourt.

Région peu accueillante pour les jeunes

Directeur général adjoint de Studio T, Benoit Roby ne dit pas vraiment autre chose. «Il y a plein de clichés mais ils constituent la base de la communication. Quand on vient ici, ce n'est pas neutre. C'est pour des sites naturels. Il ne s'agit pas de les occulter. L'exercice consiste à mettre en avant les fondamentaux tout en les dépoussiérant». Parmi les exercices réussis, Benoît Roby cite la campagne «Bretagne tonique». «C'était moderne, c'est la seule qui me reste en tête». Autre question: la Bretagne exploite-elle assez sa richesse culturelle? Pour Jakez Bernard, patron de Label production, c'est non. «Bretagne terre de festivals, c'est ça qu'il faut mettre en avant. Pas des choses qui existent mais que l'on n'est pas sûr de trouver, comme le soleil». Une suggestion que retient GeorgetteBréard: «On est considéré comme une région pas très accueillante pour les jeunes alors que l'on a tout pour eux à commencer par les festivals».

L'exemple de l'Irlande

Pourquoi ne pas mettre plus en avant les Bretons, à l'instar de ce qu'a fait l'Irlande avec succès? «Les vacances, ce sont aussi des rencontres», observe Benoît Roby. Une piste que MichaëlDodds, le nouveau patron du tourisme breton a l'intention d'exploiter pour attirer une nouvelle clientèle.

  • Yvon Corre

Source http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/fra...

Communication. Les Bretons au coeur de la stratégie

Michaël Dodds est le nouveau directeur du Comité régional du tourisme. Il veut réaffirmer la marque Bretagne et mettre les Bretons au coeur de la stratégie de communication.

Pour certains, la communication de la Bretagne joue trop sur les clichés. Est-ce votre avis?
Nous avons un véritable défi: s'appuyer sur les traditions tout en étant moderne. Il n'y a pas de solution toute faite. Il ne faut pas non plus oublier que le littoral est une locomotive. Il faut l'utiliser tout en montrant qu'il y a autre chose, toute une gamme d'activités. C'est la Bretagne dans sa diversité qui est intéressante.

Le tourisme breton doit-il revoir sa stratégie de communication?
Je pense qu'il y a des marges de manoeuvres importantes dans le domaine de la communication. Toutes les régions sont en train de faire un virage important dans leur politique promotionnelle. Dans le passé, on privilégiait les salons; aujourd'hui, c'est internet. La Bretagne a pris un petit retard. On ne s'est pas doté des outils de pointe. Nous sommes en pleine réflexion sur la refonte du site et sur la façon de vendre la Bretagne avec une approche marketing plus poussée. Le but est de créer des sites pour chaque motivation recensée. Il faut être en phase avec les besoins et les attentes de nos clients. La Bretagne est une fabuleuse marque. Il faut la réaffirmer.

Comment jugez-vous les campagnes de promotion menées jusqu'à présent?
J'ai de sacrés doutes sur la pertinence de certaines campagnes. Communiquer au niveau d'un pays, ce n'est pas forcément le meilleur vecteur. Au niveau des départements, ça peut être pertinent mais pas toujours. Une certitude: toutes ces opérations sont très peu coordonnées. Ma mission de base est de mettre de la cohérence.

Jusqu'à présent, c'était un peu le chacun pour soi?
C'est effectivement chacun pour soi et cela n'a pas beaucoup de sens et n'est pas forcément efficace. Il y a le comité régional du tourisme, les comités départementaux, les offices de tourisme, parfois les Pays et les Chambres de commerce et d'industrie, les réseaux professionnels... Ça fait beaucoup. Ce qui est encourageant, c'est que tout le monde commence à comprendre qu'il y a là un grave problème.

Avez-vous l'intention de redéfinir le message?
Je suis très inspiré par l'Irlande. Ils ont réussi à mettre les Irlandais au coeur de la démarche touristique. En Bretagne, il y a surtout des Bretons et une identité bretonne très forte. Ne faut-il pas commencer par mettre les Bretons au coeur de l'offre touristique? Il faut humaniser notre communication.

Un budget difficile à évaluer

Combien dépense la Bretagne pour attirer les touristes? Difficile de répondre précisément à cette question tant les acteurs sont nombreux.

Chacun veut communiquer dans son coin sans vraiment se préoccuper de ce que fait l'autre. «C'est un combat permanent avec les élus locaux», reconnaît GeorgetteBréard, chargée du tourisme et du patrimoine à la Région.

Trois millions d'euros de budget pour la Région

Acteur central, le comité régional du tourisme dispose des moyens les plus importants. Les trois quarts de son budget sont consacrés à la communication, soit, grosso modo, trois millions d'euros. Une enveloppe qui comprend tout, les campagnes de publicité, les éditions, les promotions sur les différents marchés étrangers... Parmi les récentes opérations, on citera le site internet «Bons plans en Bretagne» qui vient d'être lancé avec les comités départementaux, pour 400.000euros. Au budget du comité régional s'ajoutent ceux des comités départementaux. 

Un comité comme celui du Morbihan consacre entre 300.000 et 400.000euros à la promotion et à la communication. Pour celui des Côtes-d'Armor, l'enveloppe va de 500.000 à 700.000euros. Une somme qui comprend notamment les opérations «centre ville» de quatre jours menées à Lyon, Paris et Strasbourg ainsi que l'achat de mots clés sur internet. Le comité départemental du Finistère aura, lui, dépensé 100.000euros dans une campagne de promotion Grand Ouest cette année. La somme consacrée à la communication en 2009 s'élèvera à 340.000euros.

Pas d'égalité pour les offices de tourisme

Pour promouvoir la Bretagne, il y a aussi les offices de tourisme. Financés en grande partie par la taxe de séjour, leurs moyens varient beaucoup. Par exemple, l'office de tourisme de Binic, qui fait partie des plus importants de Bretagne, dépense entre 30.000 et 35.000euros en communication. Une enveloppe qui comprend les actions de promotion, les éditions, le site internet, l'achat d'encarts publicitaires...

10:36 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tourisme, bretagne