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02/01/2016

Spirou Hors-Série

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08/02/2009

La Corse tentée par plus d'autonomie

La mouvance nationaliste dans l'île a évolué. Des autonomistes modérés ont émergé sur la scène politique aux dépens des indépendantistes radicaux, dans un contexte de baisse de la violence.


Les autonomistes, partisans du dialogue avec l'Etat français et opposés à la violence politique, ont obtenu de bons résultats l'an dernier aux élections municipales et cantonales. Ils ont emporté plusieurs dizaines de mairies, sous l'impulsion de jeunes dirigeants comme Jean-Christophe Angelini ou Gilles Siméoni.


Ce dernier, fils du Dr Edmond Siméoni, figure emblématique du nationalisme corse depuis plus de 40 ans, est aussi l'avocat d'Yvan Colonna. Jean-Christophe Angelini, secrétaire général du Parti de la nation corse (PNC) et élu municipal et territorial, veut voir dans leurs succès électoraux, le signe que leur projet politique semble réalisable.


La Catalogne ou l'Ecosse en tête, les autonomistes chantent les louanges du régionalisme ou du fédéralisme, « un chemin emprunté par une soixantaine de millions d'Européens », souligne M. Angelini. « 51% des Corses y sont favorables ».


Les indépendantistes radicaux ont enregistré, eux, des revers aux municipales. Leur chef de file, l'avocat Jean-Guy Talamoni a été éliminé dès le premier tour à Bastia. Le pôle indépendantiste, éclaté en quatre mouvements, vient de se rassembler au sein de Corsica Libera, en réaffirmant son soutien à toutes les formes de lutte, y compris armée. Mais sur ce terrain-là, les deux mouvements clandestins, FLNC-UC et FLNC-22 octobre, apparus respectivement en 2000 et 2002, ont perdu de leur force de frappe. Le FLNC-22 octobre n'a plus revendiqué d'actions depuis avril 2007. En 2008, la Corse a enregistré 89 attentats ou tentatives contre 180 en 2007.


«Sans se laisser enfermer dans le débat récurrent de la condamnation de la violence politique», le pôle indépendantiste veut « donner par étapes à la Corse un statut de nation indépendante dans le cadre européen, à l'égal de ce qu'ont obtenu Malte ou Chypre ». « Au regard de ce qui se passe partout ailleurs en Europe, le mot autonomie est dépassé, ringard », affirme Jean-Guy Talamoni. Les faits semblent le contredire.


Le pôle autonomiste incarné par le PNC et A Chjama naziunale a investi la société civile. Il occupe des postes-clefs dans les chambres consulaires ou à l'université de Corte, dirigée par un autonomiste très respecté, Antoine Aiello. Dans la perspective des élections territoriales prévues en 2010, le PNC et A Chjama promettent de s'unir.


Source : Les Dernières Nouvelles d'Alsace


12:23 Publié dans Corse | Lien permanent | Commentaires (0)

05/04/2008

Petru Rocca (28 septembre 1887 à Vico - 7 juin 1966 à Vico), autonomiste corse.


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Il apprend le métier d'imprimeur et collabore à la revue Tramuntana. Durant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé dès 1914. Sur le front il rédige « Le canard des marais » pour ses camarades. Blessé à nombreuses reprises, il est fait officier et chevalier de la légion d'honneur.

Il publie à partir du 15 mai 1920, la revue A Muvra (« le mouflon »), avec d'autres anciens combattants. Il devient éditeur à Ajaccio. Il créé en fin 1922 ou début 1923 le Partitu Corsu d'Azione sur le modèle du Partito Sardo d'Azione.

Il passe progressivement de l'autonomisme à l'idéologie italianisante. Le parti devient le Partitu corsu autonomista (« Parti autonomiste corse ») en 1926 ou en 1927. Il se réfère aux exemples catalan et irlandais, et en liaison avec les Bretons de Breiz Atao. Il revendique le droit de tous les peuples à disposer d'eux-mêmes.

Dans le cadre des luttes des mouvements régionaux, il entre en relation avec certaines organisations autonomistes bretonnes, flamandes, alsaciennes et basques dans les années 1920. Dans ce cadre, Petru Rocca s'occupe de la rubrique corse de la revue Peuples et frontières après 1936, qui est l'organe essentiel des partis autonomistes fascistes avant guerre. Il y agit avec des dirigeants autonomistes comme Olier Mordrel, l'abbé Jean-Marie Gantois et Hermann Bickler.

A partir de 1935, il s'affirme indépendantiste. L'Italie encourage les Corses. Des poètes sont invités en Italie. Cependant, contrairement aux linguistes italiens qui tentent de motiver les revendications italiennes, Rocca ne pense pas que le corse dérive du toscan mais insiste sur le fait que ces dialectes dérivent d'un langage commun qui n'est pas l'italien.

En 1938, il est exclu de l'ordre de la légion d'honneur. En 1939, après de multiples saisies et perquisitions, le journal est interdit.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale s'annonce, par peur des visées irrédentistes de l'Italie de Mussolini, l'État ferme l'imprimerie de la Muvra. Les autonomistes s'étaient amalgamés aux irrédentistes, dans les relations avec l'Italie Mussolinienne. Ruiné, Petru Rocca est condamné à plusieurs années de prison en 1946. Accusé de collaboration avec les Italiens en 1945, il est condamné à 15 années de travaux forcés. En 1946, lors du procès de A Muvra, Petru Rocca est condamné à 15 ans de prison.

En 1953, il créé une académie afin de défendre la langue corse.